Bosnie, 1993 - Dzana Bosnie

Dzana de Bosnie


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samedi
24
novembre 2007

Bosnie, 1993

Rubrique : Bosnie. Mots clé : Guerre de Bosnie.

En 1993, la Bosnie-Herzégovine était au fond du gouffre. Tout le monde tirait sur tout le monde et plus personne ne savait pourquoi. Pas plus les observateurs extérieurs que les acteurs. A tel point que deux armées qui à un endroit combattaient ensemble contre un ennemi commun, pouvaient très bien s'affronter au même moment l'une contre l'autre 300 kilomètres plus loin ! Revenons sur l'année 1993, non pas pour comprendre, puisqu'il n'y a rien à comprendre, mais pour faire l'état des lieux et décrire la situation générale.

La situation au commencement

Au début la situation était complexe. Puis de complexe elle est devenue inextricable. Au début il y avait d'un côté l'armée des Tchetniks, c'est à dire les soldats serbes complètement fanatisés et ultra-nationalistes, et de l'autre les Bosniaques et les Croates, encore amis à cette époque. Mais déjà, ceci appelle quelques précisions. Parce que du côté des Serbes, il y a les Serbes de Bosnie (une population d'environ 1,3 millions de personnes à l'époque) mais aussi les Serbes... de Serbie. C'est le premier point délicat. Rappelons que depuis le printemps 1992 la Bosnie-Herzégovine est indépendante, et que théoriquement les Serbes de Bosnie et les Serbes de Serbie sont deux peuples distincts. Mais ce n'est bien évidemment pas le cas et l'amitié reste très forte entre les frères orthodoxes. Du début à la fin, Slobodan Milosevic, président de la Serbie, a nié une quelconque implication dans cette guerre. Il disait : "Cette guerre concerne uniquement les Serbes de Bosnie, la Serbie ne joue aucun rôle". Mais on sait aujourd'hui (et on le savait à l'époque de toutes façons) que la Serbie fournissait l'armée en matériel, en officiers et en salaires.

Par ailleurs, l'armée des Tchetniks était elle-même une "récupération" de l'armée yougoslave, la septième armée d'Europe. En face, les Bosniaques se défendaient avec des fusils de chasse, du moins au début... Voila pourquoi l'avancée serbe fut fulgurante. En quelques semaines ils se rendirent maîtres de 75% du territoire, alors que leur population ne représentait que 32% de la population totale de la Bosnie (selon le recensement de 1981). Sur les territoires conquis, les Bosniaques et les Croates étaient expulsés, emprisonnés ou massacrés sur place. Le président de la République serbe de Bosnie était le psychiatre ultra-nationaliste Radovan Karadzic, et le chef de l'armée serbe le non moins sanguinaire Ratko Mladic. Les deux hommes sont toujours "recherchés" entre guillemets à l'heure actuelle.

Déplacements de population en Bosnie
Déplacements de population en Bosnie
Image d'archives

Croates contre Bosniaques

Mais en 1993 les choses se compliquent encore davantage. Les Croates et les Bosniaques, qui jusque là avaient combattu ensemble, commencent à s'affronter... Quelle est l'origine de cette discorde ? C'est difficile à dire. En Croatie, le président Franjo Tudjman n'était pas franchement un modèle de tolérance et de respect lui non plus. Il semblerait que ses ambitions sur la Bosnie remontent à bien avant la guerre. En tous cas, voyant le peuple bosniaque à genoux, il décide lui aussi de s'approprier une partie de l'Herzégovine, celle où les Croates sont majoritaires en nombre. Les combats sont extrêmement violents dans la majeure partie de l'Herzégovine, les combats et tout ce qui va avec : nouveaux massacres et nouveaux camps de concentration. Des exactions sont commises par les deux camps. La ville de Mostar, joyau d'architecture, peut-être encore plus belle que Sarajevo elle-même, est complètement détruite. En particulier la vieille ville et le fameux vieux pont, reconstruit depuis à l'identique grâce aux financements de l'UNESCO (lire : Le pont de Mostar).

Camps de concentration en Herzégovine
Camp de concentration en Herzégovine
Image d'archives

Bosniaques contre Bosniaques

Pire encore : voila que certains Bosniaques décident de faire scission. L'industriel bosniaque Fikret Abdic, plus ou moins mafieux, se constitue sa propre armée et mène ses propres batailles. Il conclue même des alliances avec les Serbes... Désormais, les Bosniaques en viennent à s'entretuer eux-mêmes, entre les partisans de Fikret Abdic, le dissident, et ceux qui restent fidèles à Alija Izetbegovic, le président. Ceci n'est pas le seul fait illogique de cette année 1993. En Herzégovine, les Croates et les Serbes concluent une alliance pour se battre contre les Bosniaques. Alors qu'au même moment en Croatie, les Croates affrontent les Serbes sur le territoire de la Krajina...

Et les Casques bleus

L'ONU envoie plusieurs milliers de Casques bleus au milieu de ce bourbier. Leur mission : "protéger les civils et aider l'acheminement de l'aide humanitaire". Ils sont surtout déployés devant les fameuses enclaves, symboles de la Bosnie agonisante. Les enclaves sont des villes bosniaques qui se trouvent sur le territoire conquis par les Tchetniks. Ces villes sont soumises à un siège terrible et un bombardement régulier, la vie y est un enfer pour les habitants. Il s'agit de : Sarajevo, Srebrenica, Tuzla, Zepa, Bihac et Gorazde. Sarajevo occupe toutefois une place à part dans cette liste car elle est "à cheval" entre la zone libre et la zone conquise. Cependant la seule porte de sortie de la ville est un tunnel qui passe sous l'aéroport... et l'aéroport lui-même, rouvert en juin 1992 par François Mitterrand (Lire : François Mitterrand à Sarajevo et Le siège de Sarajevo).

Comme on le sait, l'ONU n'a pas vraiment réussi dans sa mission. Tous ses dirigeants rivalisaient d'incompétence, que ce soit Boutros-Ghali, le secrétaire général, Kofi Annan, son adjoint, ou Yasushi Akashi, le délégué... Le premier dira : "Personne ne regrettera plus que nous ce qui s'est passé à Srebrenica". Personne ? Et les familles des victimes alors ? Quant au troisième, la veille du massacre de Srebrenica, il dînait confortablement à Belgrade avec Ratko Mladic... Le massacre s'est pour ainsi dire fait sous les yeux des Casques bleus, paralysés par la neutralité grotesque de leurs chefs. Sans parler de la serbophilie aveugle de François Mitterrand. Quant à l'aide humanitaire, c'est à dire la nourriture envoyée par les associations caritatives de par le monde, les Serbes en prenaient la moitié en disant à l'ONU: "vous êtes neutres, il est donc normal que l'aide soit partagée entre tous les belligérants" Et l'ONU, en effet, trouvait cela "normal"... (Lire : L'ONU en Bosnie).

Casques bleus sur l'aéroport de Sarajevo
Casques bleus sur l'aéroport de Sarajevo
Image d'archives

Dénouements

Les choses vont toutefois rentrer dans l'ordre. Côté bosniaque, Fikret Abdic et son armée personnelle sont complètement défaits, et les Bosniaques sont à nouveau unis au sein d'une seule armée. Pour en finir avec Fikret Abdic : il est actuellement en Croatie où il purge une peine de 20 ans de prison. En Herzégovine, après des combats qui ont détruit la quasi totalité des villes et des villages, les Bosniaques et les Croates décident de s'unir à nouveau, sans doute parce qu'ils ont compris que c'était le seul moyen d'enrayer l'avancée des Tchetniks. On se retrouve alors dans une situation similaire à ce qu'elle était au départ : les Serbes d'un côté, les Bosniaques et Croates de l'autre. Et toujours les Casques bleus, et toujours les enclaves...

L'année 1994 sera celle du pourrissement. Rien ne bouge, rien n'évolue, juste des combats et des tueries isolées dans diverses villes. Mais en 1995 les violences reprendront avec encore plus d'intensité, et c'est ce que nous verrons dans un prochain article.

Lire la suite : Génocide de Srebrenica.

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Commentaires

1. Le samedi 24 novembre 2007 à 23:18, par kiara_69

En gros, la guerre ou plutôt les guerres de Yougoslavie sont bien des guerres politiques, des guerres menées par des hommes assoiffés de pouvoir, c'est pathétique et tragique... Milosevic et autres fous de son espèce se servent de la naiveté et de la faiblesse des gens dans leur unique intérêt en massacrant tout ce qui bouge sur leur passage.
Il n'y a même pas de mots pour décrire la stupidité et l'horreur de ces guerres.
J'espère seulement que la paix reviendra dans l'ex yougoslavie.
Comme tu l'as justement dis Dzana, nous sommes des Slaves du Sud: Bosniaques, Croates et Serbes et ça devrait faire notre union...

2. Le dimanche 25 novembre 2007 à 14:35, par Dzana

Sous Tito, toutes les tensions étaient étouffées, et il était évident qu'un jour ou l'autre ça finirait par éclater. Cependant je pense vraiment que la guerre aurait pu être évitée. Ce n'était vraiment pas une fatalité, et la Yougoslavie aurait pu se dissoudre en douceur. Il a fallu un mauvais concours de circonstances, une très grosse crise économique qui paniquait tout le monde, et quelques hommes complètement fous qui rejetaient la faute sur les éthnies voisines.
Nous sommes tous frères oui, Slaves, Européens, et même... Terriens...

3. Le dimanche 25 novembre 2007 à 15:46, par Sasa

Ba enfait sous Tito c'était excuse moi de l'expression "ferme ta guele" on avais pas le droit de dire qu'on etait croate ou bonsiaque car nous devions etre des yougoslave. J'ai un membre de ma famille qui a toujours refuse de se soummettre, et qui a toujours prône être croate. Ba vous savez quoi il est meurt à l'age de 21 ans à sa sortis de prison (surement empoissené)sous la bonne vielle dictature communisite.

"Comme tu l'as justement dis Dzana, nous sommes des Slaves du Sud: Bosniaques, Croates et Serbes et ça devrait faire notre union..."
Ba sa aurait pu être vraie si certains chose n'avait pas été faite.

4. Le dimanche 25 novembre 2007 à 16:14, par Pellegrino

Tito été un homme inteligent...il a fait mal au nationalistes et fachistes ca c'est vrai mais il a bien fait d'ailleur, il aurai du les tuer tous commca on aurai pas connu la guerre de Bosnie!

5. Le lundi 26 novembre 2007 à 16:29, par charliedelta


* Je comprends ce que tu veux exprimer pellegrino, mais les dirigeants serbes et bosno-serbes à l'origine de cette guerre, appartenaient du temps du marechal Tito au cercle marxiste. Ce qui m'amène à dire que ces personnages diaboliques étaient surtout des ambitieux agissant avant tout pour eux sans se préoccuper des conséquences humaines de leurs discours.
* Tu as raison Dzana, Radovan Karadzic et Ratko Mladic sont toujours libres et ce par manque de volonté politique de les arrêter de la part des instances internationales alors qu'ils ont été localisés plus d'une fois. Pourquoi? Peut-être le saurons-nous dans 10 ou 20 ans si les compromis des arcanes politiques qui ont souvent jalonné l'Histoire nous sont dévoilés.

6. Le lundi 26 novembre 2007 à 17:38, par Dzana

Tito maintenait la situation tant bien que mal, en essayant de ménager tout le monde. D'un côté il voulait maintenir la Yougoslavie en un seul bloc bien soudé, et pour cela il étouffait les mouvements nationalistes, et d'un autre côté il a tout de même reconnu l'existence d'une "nationalité" musulmane, accordé une certaine autonomie au Kosovo, etc... Il prenait souvent des décisions opposées les unes aux autres.
Il a surtout commis l'erreur de ne pas du tout s'occuper de ce qu'il adviendrait du pays après sa mort. Il dépensait des sommes astronomiques sans s'inquiéter de l'avenir. Il a laissé derrière lui des dettes énormes que la Yougoslavie était bien incapable de rembourser. Enfin... il y a beaucoup à dire sur Tito, en bien et en mal. Il faudra faire un article sur le personnage :)

7. Le mardi 27 novembre 2007 à 01:06, par Pellegrino

Plus on crause le sujet et plus ca fait mal à la tête...c'est pour ca que je n'aime pas la politique! y que du vice!

8. Le mardi 27 novembre 2007 à 21:10, par Sasa

ba excuse moi pellegrino mais le communisme n'est pas la meilleur des régime politique donc après la mort de Tito c'était un peu normal qu'on voulait avoir chacun notre propre pays indépendant

9. Le jeudi 29 novembre 2007 à 00:03, par Pellegrino

Sasa tu evoque le communisme déturné comme celui de la Chine ou la Russie...mais faut lire Karl Marx

10. Le jeudi 29 novembre 2007 à 18:31, par Sasa

Ecoute c'est bien beau ce que Karl Max à dit un monde sans classe sociale c'est le paradis mais trouve moi un régime communiste qui a applique ce que Karl Max a dit trouve moi un régime qui a fini sa transition en passant du regime totalitaire a un régime sans classe sociale. La nature humaine n'est pas faite pour ce genre de chose elle a tendance a profiter du pouvoir auquelle elle goûte. Et je ne parle pas de la chine ni de la russie moi je parle de ce qui c'est passé en Yougoslavie. Je ne fais que dire ce que les gens m'ont dit à ce sujet, moi j'ai jamais connu ce régime mes parent eux oui , mes grand parent aussi, etc...

11. Le vendredi 30 novembre 2007 à 03:20, par Pellegrino

Moi je suis pour un partage des richesses...et je trouve anormal que le enfants d'afrique crevent de faim avec un ventre vide!

le probleme avec le capitalisme c'est soit t'es riche soit t'es pauvre...en France un ouvrier soit( 10million de personnes) gagne 1200€ net par mois, avec ca tu te contnete de survivre! je ne parle meme pas de la délocalisation des entreprises...

12. Le vendredi 30 novembre 2007 à 22:14, par Sasa

Oui j'avoue partage ses richesse c'est un monde presque parfait. Mais le communisme n'est pas le moyen qui permet de l'atteindre au contraire il appauvri plus le pays que l'enrichie.

Ensuite pour te répondre je pense que le capitalisme c'est plus un mode ou l on doit se battre pour obtenir ce que l'on veut ou la concurrance est très rude certes mais il faut se faire une place sinon on se fait virer

13. Le vendredi 7 décembre 2007 à 14:46, par Pellegrino

Entierement d'accord Sasa...


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