François Mitterrand à Sarajevo

Parmi les événements les plus marquants des premiers mois de guerre de Bosnie, il y eut la visite, les 27 et 28 juin 1992, de François Mitterrand à Sarajevo. Hélas, cet événement fut aussi l'un des plus désastreux pour l'avenir de la Bosnie, et ne fit que contribuer à plonger un peu plus les Bosniaques dans l'agonie et le désespoir. Revenons sur cet épisode complexe et lourd de conséquences.

Rappelons brièvement la situation en ce mois de juin 1992. La Bosnie-Herzégovine est indépendante depuis quelques mois, depuis le 1er mars 1992 précisément, et cette déclaration d'indépendance l'a automatiquement fait plonger dans la guerre. Les Tchetniks (soldats nationalistes serbes) ont envahi le pays, Radovan Karazic et le général Ratko Mladic à leur tête, sous le prétexte de "protéger les Serbes de Bosnie". Mais c'est un faux prétexte, les Serbes de Bosnie ne sont nullement en danger. La réalité est plus grave et plus simple : Radovan Karadzic souhaite tout simplement conquérir la moitié de la Bosnie. La moitié et plus si affinités. Pour cela il n'hésite pas à déporter et massacrer toutes les populations bosniaques. L'avancée des Tchetniks est fulgurante, puisqu'ils ont entre leurs mains tout l'arsenal de l'armée yougoslave (Chars, Avions, artillerie lourde) et qu'ils ne trouvent en face que des Bosniaques qui se défendent avec des fusils de chasse... En trois mois la moitié du pays est ravagée, et la capitale Sarajevo est soumise à un bombardement quotidien intensif (lire : le siège de Sarajevo). Rappelons aussi que la communauté internationale avait décrété un embargo sur les armes pour les pays d'ex-Yougoslavie. Mais cet embargo ne désavantageait pas les Serbes, puisqu'ils avaient déjà une armée, alors qu'il laissait les Bosniaques sans défense...

C'est dans ces conditions catastrophiques qu'arriva François Mitterrand en cette fin du mois de juin 1992. La ville était à feu et à sang, et cette visite fut perçue par les Bosniaques comme un formidable signe d'espoir. Voila pourquoi le président français fut littéralement acclamé par les foules et ovationné dans toutes les rues de la capitale. Même moi, qui n'étais qu'une enfant, je connaissais le nom du président français... c'est dire si tout le monde ne parlait que de cela. Il faut dire que la guerre de Bosnie n'avait commencé que depuis quelques mois, et que les Bosniaques n'imaginaient pas (c'était difficilement prévisible) que leur agonie laisserait le monde entier à ce point indifférent. Ils n'attendaient qu'une chose : l'aide internationale. Et la venue de François Mitterrand, pensaient-ils, constituait le premier geste de cette aide.

François Mittérand dans les rues de Sarajevo
François Mittérand dans les rues de Sarajevo
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La foule acclame le président français
La foule acclame le président français
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Un écriteau en français
Un écriteau en français pour remercier le président !
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La date du 28 juin ne fut pas choisie par hasard : c'était le jour anniversaire de l'assassinat de l'archiduc héritier d'Autriche François-Ferdinand par le Serbe Gavrilo Princip en 1914. Assassinat qui avait précipité la première guerre mondiale, au cours de laquelle les Serbes et les Français avaient combattu dans le même camp. Depuis, la France et la Serbie ont toujours été bonnes amies, et c'est une amitié tout à fait honorable contre laquelle il n'y a rien à dire. Précisons aussi qu'à Sarajevo, Gavrilo Princip, tout assassin qu'il fut, est considéré comme l'un des grands héros de la ville, que ce soit par les Serbes bien sûr mais aussi par les Bosniaques. Ce jour-là, c'est donc tout naturellement que François Mitterrand se recueillit sur les lieux de l'assassinat.

Ensuite eut lieu la fameuse rencontre entre François Mitterrand, le président français, et Alija Izetbegovic, le président bosniaque. Que se sont dits les deux hommes ? C'est difficile à savoir, mais ce qui est sûr, c'est qu'ils ne se sont pas compris. Quand ils reparleront de cette rencontre, plus tard, chacun de leur côté, ils en donneront deux versions différentes. Alija Izetbegovic affirmera avoir expliqué à son homologue l'existence de camps de concentration en Bosnie, tandis que François Mitterrand niera en avoir été informé. Ce dernier affirmera ne rien avoir promis à la Bosnie, car son champ d'action était nécessairement limité. Alija Izetbegovic dira plus tard, en repensant à cet entretien : "J'attendais la réaction de Monsieur Mitterrand dès son retour en France. A ma grande surprise, il s'est tu. Il n'a pas dit mot des camps de concentration. Il n'a pas parlé, jusqu'à ce que CNN, début août, diffuse les images."

Alija Izetbegovic et François Mitterrand
Alija Izetbegovic et François Mitterrand, quelques mois plus tard, cette fois-ci à Paris
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Alija Izetbegovic et François Mitterrand
Alija Izetbegovic et François Mitterrand
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Que demandait Alija Izetbegovic, et avec lui tout le peuple bosniaque ? La réponse est simple : des armes. Ou mieux, une intervention militaire de la part des grands pays européens. Après tout cette demande était justifiée. A-t-on le droit de laisser un peuple sans défense se faire massacrer ? Hélas, les grands dirigeants européens refusaient de voir la réalité des choses. Ils parlaient de "guerre civile" entre "belligérants". Alors qu'il n'y avait pas de belligérants, il y avait clairement un agresseur, surarmé, et un agressé, sans armes ou presque. Les Bosniaques demandaient des armes, point final. Et qu'a fait François Mitterrand ? Il s'est contenté de ré-ouvrir l'aéroport de Sarajevo. Geste dérisoire. Bien sûr, il permettait à l'aide humanitaire d'intervenir plus facilement. Mais c'est justement là qu'est le problème : François Mitterrand a placé la question bosniaque sur le terrain de l'aide humanitaire, et non sur le terrain militaire. L'humanitaire c'est bien joli, mais ça ne sert qu'à réparer les meubles cassés. Plus tard, les Casques bleus seront envoyés pour "maintenir la paix". Là encore, comme chacun sait, l'action des Casques bleus fut des plus désastreuses, frisant souvent le ridicule (400 Casques bleus pris en otages par les Serbes en 1995...)

François Mitterrand dira : "Nous n'ajouterons pas la guerre à la guerre en vendant des armes en Bosnie". Ce qui est la dernière des absurdités, puisque c'est justement en vendant des armes que la guerre aurait pu cesser, car elle aurait rétabli l'équilibre des forces. Pire encore, François Mitterrand dira : "Moi vivant, jamais, vous m'entendez bien, jamais la France ne fera la guerre à la Serbie." Tout est dit... François Mitterrand devait tenir fermement à cette vieille amitié franco-serbe. Ce qu'il semblait ignorer, c'est que la Serbie de Slobodan Milosevic était une Serbie dans ses heures les plus sombres, qui n'avait rien à voir avec cette belle nation qu'elle était avant, et qu'elle est en train de redevenir, et que je respecte. De plus, si justement la France était l'amie de la Serbie, c'était peut-être son rôle que de lui faire comprendre qu'elle ne s'était pas engagée sur une bonne voie...

Paul Garde, spécialiste reconnu des pays sud-slaves, ira même jusqu'à dire que "si Mitterrand avait quitté l'Elysée plus tôt, la vie de 100 000 ou 200 000 Bosniaques aurait pu être épargnée" (propos tenus lors de l'émission Le Cercle de Minuit en 1996). C'est peut-être un peu exagéré, mais ça reflète une certaine réalité.

Dans les semaines qui suivirent la venue de François Mitterrand à Sarajevo, les Bosniaques sombrèrent dans un désespoir encore plus profond. La carte du soutien militaire international venait d'être retirée du jeu. Alors il ne restait plus rien. C'est dur à dire, à expliquer... Juste un très grand sentiment d'injustice et d'incompréhension.

Lire la suite : L'ONU en Bosnie.



Commentaires :

Le jeudi 22 novembre 2007 à 21:38 par Gilbert ( site web )

Mon amitié franco bosnienne m'a amené à écrire deux livres, dont un "l'Ange des cavernes" dont l'héroïne est une jeune diplomate bosnienne à la recherche de criminels de guerre en France. Mon second livre, sortie début 2008, qui en est une suite, relate l'aventure d'Eléna Milodic "l'Ange des cavernes" rescapée des tueurs nationalistes et qui se venge -
c'est ma participation littéraire vis à vis d'un peuple courageux
Gilbert Badia
Auteur romancier

Le mardi 08 avril 2008 à 21:19 par Louise

Dans "Nous ne verrons jamais Vukovar", j'ai aussi critiqué la visite de François Mitterrand à Sarajevo le 28 juin 1992 - visite qui ne fut finalement que de la poudre aux yeux. Mais cette critique a été très mal reçue en France.
J'ai également parlé de son silence sur les camps de concentration. Notons que le TPIY, aussi, se tait sur les camps de concentration sur le territoire de la Serbie (camps de concentration qui existaient depuis 1991 et où ont été déportés les prisonniers de Vukovar). Et notons que la justice internationale n'a toujours pas reconnu l'agression de Belgrade contre la Croatie en 1991, et contre la Bosnie.

Louise L. Lambrichs
écrivain

Le mercredi 09 avril 2008 à 21:10 par Dzana

Bonjour Louise,
Je vois que vous m'avez écrit un mail, je vais donc vous répondre par mail :)

Le mardi 22 juillet 2008 à 04:27 par Vindex ( site web )

Bonjour,

je découvre votre site ce soir ...
je trouve tout cela émouvant, je me rappelle cette guerre "délirante"
(elle le sont toutes plus ou moins ...)
en 1992 / 1995 depuis les Pyrénées (sud de la France) je regardais ce "conflit" en direct, je me souvient des discussions interminable sur les "belligérants" et de la meilleure façon de les séparers ...

comment vous dire mon impuissance d'alors, ce sentiment de honte devant ce "spectacle" en plein cœurs de l'Europe "civilisé"...

biens sur pour nous brave petit Français la vie continuais ...
vacances, grève, la météo qui ne veut rien savoir, le tour de France, des programmes télé pas vraiment terribles ...
mais heureusement... VOUS les slaves du sud vous nous fessiez passer le temps ... (je plaisante bien sur)

je crois que cet à ce moment que j'ai pris conscience de la vacuité de nos différents dirigeants politiques.

je me souvient en mais 1994, certain de nos brillant intellectuels
avait créer une liste à l'occasion des élections européennes...
entre autre Bernard-Henri Lévy, lequel "BHL" plantât en beauté cette liste juste avant les élections ... et cette même liste qui était crédité d'un bon score se trouva fort dépourvus.

félicitation pour votre site internet, (du point de vue technique et rédactionnel).

Alain.

Le mercredi 23 juillet 2008 à 00:28 par Dzana

Bonjour Alain,
Merci pour votre commentaire. Oui, depuis que je suis en France, j'ai pu voir les journaux télévisés qui étaient diffusés à cette époque, grâce au site internet de l'INA (qui a numérisé tous les journaux télévisés depuis vingt ans). Et quand je vois ça, je suis vraiment écoeurée. Le 6 avril 92 par exemple, quand les bombardements ont commencé sur Sarajevo, le journaliste dit : "Les combats ont repris à Sarajevo." Les combats ? Mais ce n'était pas des combats ! C'était un pilonage de la ville.
Enfin, aujourd'hui la vérité a été dite et tout le monde sait ce qui s'est passé...

Le samedi 08 novembre 2008 à 23:24 par Ronan

Bonsoir. dobro vece! Je voudrais aussi rappeler le fait que François Mitterand véhicula l'idée des nationalistes serbes et croates qui prétendaient qu'Alija Iztbegovic voulait faire de la BiH un état islamique! Cela permit de mettre sur le même plan agresseur et agressés et de parler ainsi de "Belligérants". Je rappelle aussi que l'objectif de l'UE n'était pas d'arrêter les conflits de l'ex-Yougoslavie mais de les contenir au territoire de l'ex-Yougoslavie! C'est très différent. Cela n'était pas gagné d'avance car les tensions avec la Hongrie (exactions sur les minorités hongroises de Voïvodine par les para-militaires de Seselj) ou avec le président Macédonien Gligorov qui faisait tout pour empêcher à juste titre l'enrôlement des jeunes macédoniens dans la JNA (départ pour le front Croate),pouvait amener à l'extension du conflit au reste des Balkans.D'autre part la JNA ira prendre les armes des défenses territoriales,(après l'échec du dernier congrès des ligues communistes en janvier 1990:départ des délégations Slovènes et Croates), des autres républiques et les redistribuera ensuite aux para-militaires Serbes ce qui expliquera la différence énorme d'armement.Jovan Divjak l'explique ainsi que Rénéo Lukic dans son livre :"L'agonie Yougoslave:1986,2003". Enfin il faut dire aux Européens et particulièrement aux habitants de BiH et de Croatie que la France et L'Allemagne ne se referaient pas la guerre pour ces deux pays(ou pour le moins de très fortes tensions). La France soutenant Milosevic au nom du maintien de " l'unité Yougoslave"(dans les faits la grande Serbie de Seselj) et l'Allemagne l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie(autorisées par la constitution Kardelj de 1974). Le ministre des affaires étrangères Allemand a visité Vukovar juste après sa chute le 18 Nov 1991. Le dénominateur commun de l'entente Européenne était juste de fournir l'aide alimentaire pour laisser croire aux européens de l'ouest que les états agissaient pour soulager les populations civiles.Pour ceux qui n'ont pas encore vu la vidéo de la BBC: "Warriors,l'impossible mission",il est temps de la visionner.

Le vendredi 14 novembre 2008 à 10:31 par stef

J'ai héla lu le livre de BHL sur la question Bosniaque et toutes les attrocités commises par les Serbes...La lacheté de l'Europe et le mépris de la France car je l'appelle ainsi.Mais faut héla s les comprendre...y'avait t'il du petrol en Bosnie? je ne pense pas alors qu'ils crevent tous

Le mercredi 17 décembre 2008 à 13:32 par disak

bravo dzana pour cette histoire bien expliquer
tu ecris super bien !!!!

Le vendredi 21 août 2009 à 12:26 par ronan

Je viens de relire le commentaire que j'avais fait le 8 novembre 2008:il reste d'actualité. Je suis allé cet été en BiH.L'accueil dans les environs de Srebrenica fut fantastique et les témoignages très durs! Malgré cela la vie a repris et Mérima rejoue avec ses voisins! Quelle belle leçon de vie malgré la souffrance subie par ces hommes et femmes de Srebrenica.La mosquée sera bientôt finie;espérons que de nouvelles relations vont s'établir entre les habitants de Srebrenica.Cela fait plaisir de voir des chaussures aux portes des maisons de la ville.

Le mercredi 30 décembre 2009 à 13:22 par thomas

Izébégovich n'était quand même pas un saint voir sa déclaration islamiste...Quand au nombre de mort en ex yougoslavie on le situe autours de 100 000 morts(toute partie bosniaque, croate, serbes)ce qui montre la faiblesse d'un paul garde sur son accusation contre Mittérrand(100 à 200 000 bosniaques epargné)....L'Allemagne et le vatican(ainsi que les usa) ont une responsabilité bien plus grande que la France Mittérrandoballadurienne.

Le mercredi 03 mars 2010 à 20:33 par Anna

Vous ne savez pas combien de choses vous ignorez. Vous défendez les Croates et n'en savez rien. Allez cherchez le mot JASENOVAC. Ca vous dira qui sont les méchants. Avez vous mentionné les Serbes qui ont été tués en Bosnie et en Croatie? Avez-vous mentionné combien de Serbes sont morts? Vous allez biensûr diminuer les chiffres. Mais dites moi qui m'a expulsé moi DEUX FOIS de Bosnie? Moi je vous dis, la première fois c'étaient les Musulmans, la deuxième fois c'étaient les Croates. Je suis deçu que les gens éduqués se positionnent de côté de tous sauf des Serbes qui sont des victimes de la propagande. Les Serbes ne sont pas des hypocrites, ne collaborent pas avec 'les puissances'. A cause de ça la Serbie était bombardée. Y a personne qui nous aide. Savez vous qu'avant la Srebrenica tout un village Serbe a été brulé, les civiles notamment (les autorités américaines l'ont admis). Non, personne mentionne ça. On a décidé de tout mettre sur le dos des Serbes. Où sont les dirigeants nationalistes croates? Le projet de la Grande Serbie n'a jamais existé! Par contre celui de la Croatie indépendante a existé! Dans l'histoire croate vous allez trouver les preuves sous le terme NDH. Je suis deçue que la justice soit rendue seulement pour les uns, et pas pour les autres. Selon les temoignages des Américains présents en Bosnie durant la guerre, le plus grand nombre des victimes étaient les Serbes, mais on n'en parle pas. Il faut pas le dire! Il faut qu'il y ait des coupables et ce sont des Serbes! Vous trouvez que j'ai mérité d'être expulsée alors que j'était un enfant? Quelqu'un de mes proches a failli mourir dans cette guerre. Mais biensûr ce que je dit ne peut pas être vrai non vu que y a que les Serbes qui ont tué. Les autres n'ont rien fait (alors qu'ils ont admis avoir été armé par les américains etc). La vérité sortira un jour! et ce sont les dirigeants de cette guerre qui le diront! pas les personnages qui n'y ont pas été. Ce que moi j'utiliserai dans mon livre sera appuyé par des preuves! Savez vous que les minorités en Serbie ont tous les droits possibles? les camps de concentration n'ont jamais existé en Serbie, seulement en Croatie - Jasenovac. La vérité viendra plus tôt ou plus tard.

Le jeudi 04 mars 2010 à 17:06 par Moi

Re salut tout le monde,
thomas, tu dis : "Izébégovich n'était quand même pas un saint voir sa déclaration islamiste", quand l'a-t-il écrit? quel âge avait-il? te rappelle tu des choses que tu disais à cet âge et que tu trouves moins vrai aujourd'hui. J'ai lu ce livre, et je ne trouve rien de choquant, effectivement si tu sors certains passages de leurs contextes comme le faisait certains dirigeants serbes pour justifier leur guerre...
Tout le monde a une responsabilité, et vouloir mettre des "degrés" de responsabilité est malsain.
Anna, j'ai juste une question à te poser : pourquoi Florence Hartmann est devant le tribunal pour avoir écrit un livre "Paix et Châtiment" (que je te conseille de lire), qui prouve le contraire de ce que tu annonces, alors même qu'elle est poursuivit pour divulgation de secrets, pas pour diffamation ou mensonge???? Je trouve que tu rejette la faute sur la croatie, effectivement eux aussi sont fautifs, comme les bosniaques, mais ce que Dzanna dit dans cet article, c'est que les bosniaques n'avaient pas d'armes pour se défendre, ce n'est pas les américains qui ont armés les bosniaques, loin de la... Tu veux que je te dise, le problème de l'être humain, c'est qu'il voit seulement ce qui lui arrive, c'est hypocrite, mais c'est comme ça, et c'est justement ce que tu fais : "Vous trouvez que j'ai mérité d'être expulsée alors que j'était un enfant? Quelqu'un de mes proches a failli mourir dans cette guerre. Mais biensûr ce que je dit ne peut pas être vrai non vu que y a que les Serbes qui ont tué." Combien de bosniaques, de croates et de serbes dans ton cas??? et tu ne vois seulement ce qui t'es arrivé, penses-tu réellement que ta vie, vaut plus que celle d'un croate ou bosniaque ? Même si tu voudrais le croire, désolé de te dire, que ta vie ne vaut pas plus que la mienne, et la mienne ne vaut pas plus que la tienne.
"Selon les temoignages des Américains présents en Bosnie durant la guerre, le plus grand nombre des victimes étaient les Serbes", quels américains? c'est quand même bizarre que la commission d'enquête n'a pas conclut à ce que tu dis, j'aimerais bien voir tes sources, ou c'est encore, "un ami m'a dit, que la femme de son ami est la tante .... et son fils est un américain, qui y était, pendant la guerre, et bien il dit qu'il y a plus de civils serbes tués"...lol

Le mardi 20 juillet 2010 à 14:24 par camille

tout d'abord je souhaite vous remercier pour la qualité de votre site et la clarté des informations qui m'ont permis de comprendre votre point de vue. Après de multiples lectures sur la guerre de Bosnie, je commence à enfin avoir une vision d'ensemble des évènements et des sentiments des parties. Toutefois, je cherche de la documentation sur l'implication turque dans les années 90 et la diplomatie turque en Ex-yougoslavie durant la même période!
pouvez-vous me conseiller des lectures, documents ou témoignages sur cette question! merci

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