Pays sûr et demande d'asile

Depuis le 30 juin 2005, la Bosnie-Herzégovine est inscrite sur une liste de pays considérés comme sûrs par l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides).

Selon le CESEDA (Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile) : est considéré comme « sûr » tout pays qui « veille au respect des principes de liberté, de la démocratie et de l'état de droit, ainsi que des droits de l'homme et des libertés fondamentales ».

Je vous propose que l’on jette un œil ensemble sur cette liste établie par le conseil d’administration de l’OFPRA, avant de voir quelle en est l’incidence sur les demandes d’asile déposées par leurs ressortissants en France. Enfin, nous ferons quelques remarques sur le cas de la Bosnie-Herzégovine.

Quels États composent cette liste aujourd’hui ?

Aujourd’hui, cette liste compte les 14 pays suivants :

  • BENIN
  • BOSNIE-HERZEGOVINE
  • CAP-VERT
  • CROATIE
  • GHANA
  • INDE
  • MALI (pour les hommes uniquement)
  • MACEDOINE (Ancienne République Yougoslave de)
  • MAURICE
  • MONGOLIE
  • SENEGAL
  • SERBIE
  • TANZANIE
  • UKRAINE

Il est utile de préciser que les 27 pays faisant parti de l’Union Européenne sont d’office considérés comme sûrs. La nationalité de leurs ressortissants leur ouvre automatiquement droit au séjour (à l’exception de la Roumanie et de la Bulgarie pour lesquels certaines conditions sont requises), donc aucune demande d’asile ne peut être déposée par ceux-ci.

De même, cette liste peut-être soumise à modifications. Ainsi, comprenant initialement 12 pays, elle a ensuite été rallongée à 17, puis diminuée à 15 après que l’Albanie et le Niger en aient été enlevées suite à une décision du Conseil d’État, faisant elle-même suite à un recours déposé par l’association Forum Réfugiés. En juillet 2010, elle a été ramenée à 14 pays. Originalité de cette nouvelle liste:en raison des risques d'excision au Mali, seuls les ressortissants masculins du Mali sont considérés comme provenant d'un pays sûr. Les demandes d'asile des maliennes suivent désormains un cours normal et ne sont plus placées en procédure prioritaire.

On remarquera cependant que la Géorgie n’a pas été enlevée de cette liste, bien qu’un lourd conflit armé s’y soit déroulé dans la région ossète courant 2008.

Incidence sur le traitement des demandes d’asile

Selon la convention de Genève, rédigée en 1951, le statut de réfugié doit être accordé par les États signataires à toute personne qui « (…) craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays (…) »

Dès lors, le fait d’être de la nationalité d’un des pays considérés comme sûrs ne peut empêcher un individu de déposer une demande d’asile auprès de l’État français. Cependant, le traitement de cette demande d’asile s’effectuera en procédure prioritaire, c'est-à-dire que :

> le demandeur ne se verra délivré aucune APS (Autorisation Provisoire de Séjour) par la préfécture du département où il est domicilié.

> en découlera qu’il ne percevra pas l’ATA (Allocation Temporaire d’Attente) que verse l’ASSEDIC aux demandeurs d’asile le temps de leur procédure.

> enfin, il ne pourra prétendre à une place en CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) : c'est-à-dire pas de logement ni d’accompagnement social rapproché.

En fait pour résumer, le demandeur d’asile placé en procédure prioritaire, s’il n’a aucune famille ou connaissances pouvant l’accueillir en France, se voit condamné à dormir dehors ou dans les accueils d’urgence ouverts uniquement la nuit. Pour manger, c’est dans les accueils de jour pour sans-abri ou dans les structures du type « restaurants du cœur » qu’il pourra trouver secours.

Difficile dans ces conditions de déposer une demande d’asile argumentée, encore plus si l’on n’est pas francophone…

En cas de rejet de la part de l’OFPRA (rejet forcément fréquent puisque le pays d’origine est considéré comme sûr), le demandeur peut déposer un recours. Or, en procédure prioritaire, le recours n’est pas suspensif, c'est-à-dire que le demandeur d’asile peut être expulsé vers son pays d’origine alors même que sa demande de protection n’a pas encore été examinée par la Commission Nationale du Droit d’Asile (ex-CRR). Cela conduit à des situations complètement ubuesques, du type de celle-ci :
http://www.commission-refugies.fr/presentation_4/actualites_5/demandeur_eloigne_2151.html

Notons cependant que bien souvent, les demandeurs d’asile ne faisant pas partie de la liste des pays d’origine sûr ne se voient octroyer une place en CADA que de longs mois après leur entrée sur le territoire. Leur quotidien est donc précaire également, amélioré cependant par la remise d’un récépissé leur donnant temporairement droit au séjour, ainsi que par le versement de l’ATA par l’ASSEDIC.

Concernant la Bosnie-Herzégovine

L’humble rédacteur de cet article n’ayant encore jamais mis les pieds en Bosnie-Herzégovine, je serais bien mal placé pour donner mon avis sur les conditions de sécurité en vigueur aujourd’hui dans ce pays.

Cependant, certains chiffres peuvent paraître intéressants. Ainsi, en 2004, c'est-à-dire l’année précédant l’inscription de la B-H sur la liste des pays sûrs, la demande d’asile émanant de ressortissants bosniens en France avait augmenté de 170 %. En fait elle était passée de 2733 premières demandes en 2003, à 4649 en 2004.

De plus, le taux d’admission au statut de réfugié par l’OFPRA (hors décision de la Commission des Recours des Réfugiés) était de 64,2 %, chiffre très élevé quand on sait que la moyenne de ce même taux d’admission tous pays confondus était de 9,3 % (9,8 % en 2003)

Concrètement, cela signifie donc que la probabilité d’un bosnien d’obtenir le statut le statut de réfugié en 2004 était environ 7 fois supérieur à la moyenne.

D’où le paradoxe :

> puisque les bosniens avaient le plus haut taux de reconnaissance au statut de réfugié par l’OFPRA en 2004, pourquoi la Bosnie-Herzégovine a-t-elle été inscrite sur la liste des pays sûrs l’année suivante ?

(Question que l’on peut retourner …)

En 2005, le taux d’admission tombait à 23,5 % ; à 7,1 % en 2006 ; 7,7 % en 2007 (soit 14 accords sur 192 demandes).

Au final, on est donc en droit de se demander si cette baisse du taux d'admission résulte d’une amélioration des conditions de sécurité en Bosnie-Herzégovine, ou s’il s’agit d’une des conséquences de la dégradation des conditions dans lesquelles sont formulées les demandes lors de l’arrivée en France des demandeurs. En effet, dans des conditions sanitaires défavorables (pas d’allocation ; pas de logement ; pas d’accompagnement social global), il est bien plus difficile aux demandeurs d’aller exposer leur cas devant l’OFPRA…

Sites utiles à consulter, d’où proviennent plusieurs informations retranscrites dans l’article :

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Commentaires :

Le dimanche 08 février 2009 à 17:09 par Albert ( site web )

Un article intéressant pour être au jour de la situation en France en ce qui concerne le droit d'asile. Comme toutes les listes, celle-là de 15 pays sûrs pourrait être discutée (je n'y vois aucun pays de l'Amérique latine, par exemple, où il y en a sans doute qui sont toujours sûrs : le Costa Rica l'est historiquement, et actuellement je crois qu'on pourrait dire la même chose du Chili, l'Argentine et l'Uruguay, par exemple, au moins par comparaison avec la Géorgie). Par contre, d'après ce qu'on voit ces jours-ci, je ne crois pas que le Madagascar soit un pays sûr...

Mais je ne suis personne pour juger les décisions de l’OFPRA, évidemment, et le fait qu'il n'y a pas d'autres pays importants (Japon, Australie, Canada...) me fait penser que certains ne sont même pas considérés "à risque".

Merci donc par cet article et pour nous inviter à réflechir sur cette question !

Le dimanche 08 février 2009 à 19:22 par el rubab

tu as mis le doigt dessus Albert. par exemple un américain peut venir demander l'asile en France, il bénéficiera d'un titre de séjour le temps de l'examen de sa demande. Par contre un malgache, un bosnien ou un géorgien se retrouvera "à la rue" tout le temps de sa demande (avec le risque d'être expulsé avant que son recours soit examiné si l'OFPRA a rejeté sa demande...)
très paradoxal tout çà, mais comme tu l'as dit, cette liste est discutable à max

Le mercredi 16 décembre 2009 à 15:16 par yoyo

c'est une pôlitique -hypocrite.Dire que Madagascar est un pays sûrs selon l'ofpra.Et tt ces crimes et le despotime ds cette île depuis 02/2009 et soutenu par la France qui plus est?!!!

Le vendredi 10 septembre 2010 à 17:37 par moimoi

svp jai besoin d'un renseignement , je suis avec un garcon depuis 1 ans on c connu sur internet il est du meme origine que moi j'ai la nationalité francaise et lui habite en autriche en temps que demandeur d'asile et il est née en georgie !
on a comme projet de se marier mais pas pour l'instant on veut attendre peut etre deux ans ...
mais je voulais savoir comment cela se passera pour le mariage est ce que se sera dur ? j'ai tres peur je suis amoureuse de lui , il m'aime aussi, c un vrai amour pk on a pas le droit detre heureux ? est ce vrai qu'il ne pourra pas venir vivre en france? je ne veu aller vivre ailleur moi c impossible je fai mes etudes ici j'ai grandis ici ....
missia17@hotmail.fr reponder loi sur mon mail svp

Le jeudi 14 octobre 2010 à 09:35 par el rubab

salut,
si ton homme obtient le statut de réfugié en Autriche, vous n'aurez aucun problème. en fait, tout dépendra de sa situation administrative au moment où vous vous déciderez à vous marier. s'il a un autre statut que celui de réfugié en Autriche, alors ce sera un peu plus compliqué mais pas impossible.
j'en profite pour signaler que la liste des pays sûrs a été remise à jour depuis. La Serbie a été rajoutée par exemple, et la Géorgie en a été enlevée.

Le vendredi 12 novembre 2010 à 23:10 par DIV

Salut;
quels sont les pays ou on peu facilement demander et obtenir le statut de refugier en Europe?

quelles sont les procedures pour quelau'un qui est deja en Europe?


merci de me repondre

Le mercredi 24 novembre 2010 à 20:21 par el rubab

salut,
en fait les procédures ne sont pas les mêmes selon le pays. si c'est en France, la personne doit prendre une domiciliation et se rendre à la préfecture de son département pour déclarer qu'elle demande l'asile. ensuite on lui remettra un dossier à renvoyer à l'OFPRA qui étudiera la demande.
il n'y a aucun pays où il est facile d'être reconnu réfugié. par contre, il y a des pays où c'est quasi impossible, comme la Grèce ou la Pologne par exemple, donc il faut mieux les éviter.

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