Auteur : Dzana
Publié le samedi 25 octobre 2008.
Rubrique : Art et culture.
Mots clés: Films.
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Premières neiges, un film de Aida Begic
Premières neiges est un film bosnien écrit et réalisé par Aida Begic, actuellement sur les écrans en France, grand prix de la Semaine de la Critique au festival de Cannes 2008. Ce long métrage, premier film de cette réalisatrice bosniaque de 32 ans, met en scène le difficile quotidien des familles victimes des massacres commis pendant la guerre de Bosnie.
- Sommaire
- Décor
- L'intrigue
- Impressions
- Photographies

Premières neiges
Décor
L'action se déroule deux ans après la fin de la guerre dans le minuscule village de Slavno, en Bosnie de l'Est, région très durement touchée par la guerre de Bosnie (1992-1995), où la quasi totalité des hommes ont été tués. Les deux seuls personnages masculins sont donc Hamzo, sage et pieux vieillard, et Ali, petit garçon renfermé et quasiment muet, dont on devine peu à peu qu'il a été témoin de faits très graves.
Tous les autres personnages sont des femmes : des veuves, des orphelines, des mères qui ont perdu leur fils. L'héroïne, Alma, consacre toute son énergie à produire de la confiture, qu'elle vend sur le bord de la route. Elle nourrit le rêve de monter un jour une affaire qui lui permettrait de "nourrir la moitié de la Bosnie", rêve qu'elle a hérité de son défunt mari. Elle est aidée dans sa tache par Nadija, qui espère depuis des années qu'elle reverra son mari Bober, disparu pendant la guerre. Lejla, la fille de Nadija, ne cesse de lui parler de Babo ("papa"), de chercher le moindre objet qui pourrait lui indiquer qu'il est vivant, qu'il est quelque part et qu'il reviendra un jour...
L'intrigue
Un jour, un homme se présente au village. Il s'appelle Miro, il est Serbe et se présente comme un intermédiaire de la société G and G, qui souhaite racheter le hameau au prix fort afin d'y construire des immeubles. Ce Serbe éveille d'abord la méfiance des femmes, jusqu'au moment où il révèle qu'il a été témoin de tueries quelques années auparavant. "As-tu vu mon papa ?" lui demande Lejla. Mais Miro semble bouleversé par cette question, et incapable d'y apporter une réponse.
Se pose alors la difficile question pour les femmes du village : faut-il vendre les terrains ? Elles sont partagées. Revient alors souvent la question : "Que fera-t-on quand les premières neiges viendront ?"
Impressions
Personnellement j'ai beaucoup aimé ce film, je l'ai trouvé magnifique tant dans le scénario que dans la réalisation. Plusieurs scènes sont absolument bouleversantes, et le dénouement de l'intrigue est imprévisible et très poignant. Quant au décor, on y aperçoit les montagnes imposantes de Bosnie orientale, et les conditions de vie plus que précaires de toutes ces femmes, condamnées à vivre dans les ruines d'un village désolé.
Pourtant, le film a été perçu de façon assez mitigée à Sarajevo, comme en témoigne Mariama, membre du forum :
En Bosnie, par contre, j'ai le sentiment qu'il n'a pas été très bien reçu. Cependant, je pense que les gens attendent un peu trop des films bosniens qui sortent, c'est à dire qu'ils voudraient que chaque film donne une image fidèle de leur pays aux étrangers, alors que bien entendu ce film en particulier ne parle que du cas des villages de Bosnie orientale, qui ont leur histoire particulière et ne reflètent pas forcément le reste du pays. Il faut dire aussi que le public de Sarajevo est particulier, et qu'il ignore parfois peut-être la réalité du pays dans son ensemble. Syndrome de capitale j'imagine...
Bande annonce et images
Voici pour terminer la bande annonce et les photographies officielles du film :





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Commentaires :
Le mercredi 12 novembre 2008 à 19:19 par Jacquie ( site web )
Le film est en effet très beau, en dehors du message qu'il véhicule sur les conséquences des actes sauvages commis pendant la guerre. Il s'agit bien d'un film de femme, qui se penche avec sensibilité sur le vécu et les difficultés à refonder sa vie quand les pères et compagnons ont disparus. La poésie féminine des évocations symboliques et des images est là pour "faire passer" la douleur évoquée.
Merci pour ce site sur la Bosnie qui permettra de mieux connaitre le pays, je donne l'adresse sur mon blog ciné.









Le dimanche 26 octobre 2008 à 22:02 par benovic
Film remarquable, à recommander à ceux qui ne connaissent pas la Bosnie profonde , la Bosnie des chemins de terre où l'on fabrique le pekmez, la kiseli kupus salata, cette Bosnie ignorée des Français et méprisée des citadins de Sarajevo. Les personnages sont également très réalistes, ces femmes qui résistent à la dureté des temps en se réfugiant chacune dans son idée fixe , les pots de confiture pour l'héroine, les cigarettes pour une autre, l'ami suédois, le tissage des tapis, la recherche d'un père porté disparu mais certainement vivant.... et cette volonté farouche de ne pas donner à l'adversaire le sentiment d'avoir gagné.