Dzana de Bosnie


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Mardi
22
Juillet 2008

Radovan Karadzic

Rubrique : Bosnie . Mots clé : Personnalités yougoslaves.

Hier, lundi 21 juillet 2008, a été annoncée la nouvelle de l'arrestation à Belgrade de Radovan karadzic, le responsable n°1 des crimes contre l'humanité, génocides et crimes de guerre commis en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995. Treize ans après son inculpation, et après douze années de cavale, l'homme a été arrêté dans un bus de la capitale serbe, méconnaissable sous une chevelure et une barbe démesurément grandes. La nouvelle de son arrestation a sucité une joie immense à Sarajevo et dans les autres villes de la Fédération croato-bosniaque de Bosnie-Herzégovine.

Avant de revenir sur les circonstances de cette arrestation, dressons un portrait du personnage et retraçons son parcours.

Enfance

Radovan Karadzic naît le 19 juin 1945 à Petnjica, aujourd'hui au Monténégro, à l'époque en Yougoslavie, de parents serbes. Son père, cordonnier de métier, est tchetnik, terme qui en 1945 désigne les combattants qui ont lutté contre les Nazis en Serbie et contre les Oustachis croates, mais aussi contre l'autre armée de résistance, celle des Partisans de Tito. Les Tchetniks se distinguent cependant par le fait que leur armée est exclusivement constituée de Serbes acquis à la cause de la famille royale serbe. Ce qui valut au père de Radovan Karadzic de passer plusieurs années en prison après la guerre, sous le régime titiste.

Le jeune Radovan s'installe à l'âge de quinze ans à Sarajevo afin d'y étudier la médecine. C'est à l'université de Sarajevo qu'il rencontre sa femme Liljana, avec qui il aura deux enfants : Sonja (sa future responsable de communication) et Aleksandar. Il lie aussi quelques connaissances dans ses voisins parmi lesquels des Bosniaques (Musulmans) et des Croates, qui avoueront bien des années plus tard qu'ils n'auraient jamais imaginé que le jeune homme aurait pu un jour éprouver une haine viscérale à l'égard de leur peuple. Ensemble ils s'adonnent aux jeux de cartes et en particulier au poker. En effet, l'appât du gain est une constante chez Karadzic qui ne cessera jamais d'éprouver une cupidité et un amour de l'argent tout à fait hors du commun. On peut aussi supposer que ces parties de poker lui permettent de s'exercer à l'art du bleuf et de la tromperie, activités dans lesquelles il passera maître trente ans plus tard dans les milieux politiques.

Radovan Karadzic en 1989
Radovan Karadzic en 1989
Image d'archives

Psychiatre et poète

Il faut dire que la psychologie est l'une de ses passions : ses études de médecine l'amènent à exercer le métier de psychiatre à l'hôpital de Kosevo (Sarajevo) puis dans un établissement de Belgrade à partir de 1983. L'année suivante il est accusé d'avoir détourné de l'argent public pour se faire construire une villa à Pale, bourgade à l'Est de Sarajevo dont il fera plus tard sa "capitale". Il passe onze mois en détention provisoire mais est relâché faute de preuves.

Parallèlement à sa carrière de médecin psychiatre, Radovan Karadzic s'adonne à la poésie et publie quatre recueils (un cinquième ouvrage sortira beaucoup plus tard). Comme on peut s'y attendre de la part d'un homme qui n'a aucun scrupule à ordonner la destruction de villes et de populations, sa plume est médiocre et le succès n'est pas au rendez-vous. Son modèle en matière de poésie n'est autre que la chanson populaire médiévale serbe, qui exalte des valeurs héroïques et guerrières et prône avant tout la résistance acharnée contre les Turcs.

C'est pourtant un écrivain, Dobrica Cosic (écrivain et politicien nationaliste), qui l'incite à entrer en politique à la fin des années 80. Karadzic rejoint alors les rangs d'un autre psychiatre complètement fou, Jovan Raskovic, qui s'est fait remarquer notamment pour ses thèses sur "la castration naturelle des Croates", "la frustration rectale des Bosniaques", et "la féminisation par la religion catholique" ! Ils fondent ensemble en 1989 le SDS, le parti démocratique serbe, ultra-nationaliste. Le parti est bien évidemment soutenu et encouragé par Slobodan Milosevic, alors président-dictateur de Serbie, qui depuis deux ans s'active à anéantir l'autonomie des minorités et asseoir sa dictature au Kosovo, en Serbie et sur toute la Yougoslavie.

Radovan Karadzic au parlement en 1992
Radovan Karadzic au parlement en 1992
Image d'archives

Carrière politique

C'est donc après un double échec professionnel - en médecine et en littérature - que Radovan Karadzic tente une troisième carrière dans la politique sous les couleurs d'un nationalisme pur et dur. Il déclare l'indépendance de la République Serbe de Bosnie dont il devient "président" en janvier 1992 : cette "république" n'a bien évidemment aucune existence officielle. Pourtant Karadzic refuse corps et âme l'indépendance de la Bosnie toute entière, puisqu'elle reviendrait pour lui à se soumettre aux Bosniaques et Croates. Il déclare au parlement dans un accès de rage : "Si la Bosnie devient indépendante ce sera la guerre ! Et les Musulmans [Bosniaques], qui seront sans défense, disparaîtront !"

Ces paroles, pourtant très claires, n'ont hélas pas été prises au sérieux par la Communauté internationale. Elles indiquaient pourtant de façon précise quelles étaient les intentions destructrices du leader du SDS. A partir d'avril, à la tête d'une armée largement supérieure en matériel, il met ses projets à exécution avec son homme de main Ratko Mladic : massacres et déportations de population, bombardements et sièges de plusieurs villes, notamment Sarajevo la capitale, camps de concentration, encouragement au viol systématique des femmes, prise d'otages de Casques bleus. Radovan Karadzic dessine les frontières de sa "République serbe de Bosnie", dont la superficie est largement supérieure à celle réellement occupée par les Serbes, qui ne constituent alors que 32% de la population bosnienne.

Il installe sa "capitale" à Pale, la petite bourgade dont il est tombé amoureux, perché sur les hauteurs à trente kilomètres de Sarajevo, l'endroit idéal pour anéantir la capitale. Et c'est à Pale qu'il reçoit des émissaires du monde entier, journalistes, hommes politiques, chefs d'état, et surtout des envoyés de l'ONU, qu'il manipule avec une aisance et une arrogance hors du commun. Il a l'audace de nier le siège de Sarajevo, pourtant filmé par les caméras du monde entier, et d'accuser ses "ennemis" d'être responsable de tous les malheurs présents. Il faut dire qu'il a en face de lui une équipe où tous les membres rivalisent d'incompétence et de naïveté : Boutros Boutros-Ghali, Kofi Annan, Yasushi Akashi, sans parler de l'absence de sanction de la part de la Communauté internationale (François Mitterrand s'est clairement prononcé en faveur de la Serbie en décrétant un embargo sur les armes en direction de la Bosnie-Herzégovine), et bien sûr l'appui implicite de l'ex-armée fédérale et de Slobodan Milosevic.

Pendant tout ce temps, Radovan Karadzic ne cesse de s'enrichir grâce à une taxe sur toutes les marchandises importées, dont la totalité des bénéfices vient directement grossir sa fortune personnelle. Au cours du Siège de Sarajevo, l'hôpital de Kosevo est bombardé et détruit, cet hôpital où il avait pourtant travaillé et appris son métier. Est-ce par vengeance ? Et est-ce aussi par vengeance qu'il fait détruire la bibliothèque nationale, lui qui n'a jamais accepté que son "talent" de poète ne soit pas reconnu ?

Longtemps, la Communauté internationale pense que Karadzic est l'homme de la situation, le seul à pouvoir rétablir la stabilité en Bosnie-Herzégovine. Mais son entêtement et sa mégalomanie vont lui jouer des tours. En 1993, il refuse un premier plan de paix proposé par l'ONU. Puis un deuxième en 1994, qui lui vaut la rupture avec Slobodan Milosevic. Désormais, les Serbes de Serbie refusent de soutenir leurs "petits frères" de Bosnie. Slobodan Milosevic déclare donc un embargo envers la République serbe de Bosnie. Même si cet embargo n'est que partiellement appliqué (la Serbie continue de fournir des armes), il complique les conditions de vie des Serbes de Bosnie et Karadzic commence à perdre de leur confiance.

Karadzic se croit invincible, affirme être "le dernier rempart contre les expansionnismes islamique et germanique en Europe", et précise qu'il ne reculera devant rien pour faire triompher la "Grande Serbie" dont il a bien l'intention d'être le maître. Sa rupture avec Milosevic marque aussi celle avec Mladic, son général resté acquis à Belgrade. Le président fantoche s'entoure d'hommes et de femmes avec qui il joue au poker jusqu'à des heures tardives dans son quartier général de Pale. Dans la journée, il rend parfois visites aux hommes qui bombardent Sarajevo et récite des poèmes devant la ville en feu.

En 1995, comprenant que le vent a tourné et souffle désormais contre lui, Radovan Karadzic s'illustre par quelques fâcheux coups d'éclat orchestrés par Ratko Mladic, avec qui il se réconcilie dès qu'il s'agit de défier l'Europe : prise d'otage de 500 Casques bleus et génocide de Srebrenica. L'OTAN prend le relais de l'ONU et bombarde les positions serbes. L'ONU inculpe officiellement Radovan Karadzic de crimes contre l'humanité, ce qui lui vaut d'être exclu des Accords de Dayton qui valident pourtant une partie de ses conquêtes sanglantes sur le sol bosnien, en attribuant 49% du territoire à la "République serbe de Bosnie". L'année suivante, en 1996, Radovan Karadzic est vu pour la dernière fois en public (jusqu'à son arrestation vendredi dernier).

Milosevic et Karadzic devant une carte de la Bosnie
Milosevic et Karadzic devant une carte de la Bosnie
Image d'archives

Cavale et arrestation

Qu'a fait Radovan Karadzic de ces treize années de fuite ? Quelle vie peut bien avoir l'un des hommes les plus recherchés de la planète ? On prétend l'avoir aperçu à plusieurs reprises, en Serbie et en Bosnie-Herzégovine. Comme le montrent les photographies prises ces derniers jours : il était méconnaissable sous sa chevelure et sa barbe démesurément grandes. Une rumeur prétend même qu'il aurait un jour bu un verre dans un café de Sarajevo.

L'OTAN n'a jamais cessé de le traquer, chose difficile car l'homme bénéficiait du soutien d'une partie de la population. Pourtant, au fil des années, sa situation est devenue de plus en plus délicate en raison de la chute progressive du régime de Slobodan Milosevic, puis le recul des nationalistes en Serbie, jusqu'à la victoire aux élections présidentielles de Boris Tadic, homme politique clairement pro-européen. Or, l'arrestation des principaux responsables des crimes de guerre commis en Bosnie-Herzégovine est une condition indispensable pour l'adhésion de la Serbie à l'Union Européenne : on peut donc supposer que c'est cette pression européenne qui a encouragé l'arrestation.

En 2003, les comptes bancaires de sa famille ont été bloqués, accusée de complicité à son égard. Sa femme lui demandait publiquement de se rendre, pour le bien de sa famille. En 2005, Karadzic publie clandestinement un nouveau recueil de poésies.

C'est la chaîne Al Jazeera qui fut la première à annoncer la nouvelle au grand public, hier soir lundi. Selon la version officielle, Karadzic a été arrêté dans la journée de lundi, mais selon l'avocat du fugitif, l'arrestation a eu lieu vendredi dans un bus de Belgrade. Caché derrière sa barbe, Radovan Karadzic l'était aussi derrière son identité : il s'appelait désormais Dragan Dabic, et exerçait son métier de psychiatre dans une clinique pratiquant une "médecine alternative". Il semblerait que ce soient les services secrets serbes (le BIA) qui ont arrêté le fugitif, et non pas la police. Sa fille Sonja, qui vit toujours à Pale, ex-chargée de communication de son père, a décrété n'avoir aucun commentaire à faire sur cette arrestation.

Radovan Karadzic aujourd'hui
Radovan Karadzic aujourd'hui
Source : BBC

Réactions

Dans la fédération croato-musulmane, la nouvelle a été reçue avec une grande ferveur, comme en témoigne Tony, notre ami du forum actuellement à Sarajevo :

Hier soir j'étais dans un bar et c'était la folie, les gens se sont tous passés l'information par texto et coup de téléphone, les télévisions du Bar passaient l'information, ils se sont tous embrassés. Les Sarajeviens sont sortis dans la rue crier leur joie, serrer dans leurs bras leurs voisins, ...

La plupart des chefs d'état du monde entier ont manifesté leur satisfaction dans des communiqués. La Russie toutefois s'est montrée assez mitigée, et a demandé la cessation d'activité du TPIY (Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie), qu'elle accuse de parti pris.

On imagine aussi l'immense joie de Carla del Ponte, procureure général du TPIY de 1999 à janvier 2008, mais elle ne s'est pour l'instant pas exprimée sur la question car son nouveau mandat d'ambassadeur de Suisse en Argentine ne lui permet pas.

Et maintenant ?

Radovan Karadzic sera extradé vers le TPIY de La Haye dans le courant de la semaine. Nous suivrons de près son procès, en espérant qu'il soit mené jusqu'au bout contrairement à celui de Slobodan Milosevic, décédé d'un infarctus dans sa cellule.

Radovan Karadzic a contre lui les chefs d'inculpation suivants :

  • Deux pour crimes contre l'humanité
  • Six pour génocide et complicité de génocide
  • Un pour terreur à l'encontre de civils
  • Un pour persécution
  • Deux pour déportation et autres actes inhumains
  • Un pour violation des lois et coutumes régissant la guerre
  • Un pour violation grave de la Convention de Genève
  • Un pour prise d'otages

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Mots clé : Personnalités yougoslaves.
Commentaires
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Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 05:41 par charliedelta ( site web )

Bonjour Dzana,

Je suis particulièrement content de cette arrestation.
En effet cela prouve que ce genre d'individu et ceux de par le monde qui lui ressemblent ne sont plus désormais hors d'atteinte de la justice humaine. Le procès sera peut-être long à instruire mais pour les familles des victimes c'est je pense la satisfaction de voir dans un premier temps leur bourreau privé de liberté par là même un pas de plus vers la reconnaissance de leur deuil et un hommage à tous leurs morts.
Sur le plan de la politique européenne c'est également une bonne chose car cela prouve que la reconnaissance des droits des humains n'est pas seulement de la philosophie vaine mais que cela se traduit par des faits.En outre les serbes eux-mêmes peuvent être satisfaits, en effet les vieux démons qui habitaient leurs dirigeants et occultaient leur esprit commencent à s'éloigner.
Enfin je voudrais terminer ce commentaire par un pensée respectueuse pour tous ceux que nous occidentaux n'avons pas su et pu aider dans ces moments tragiques des années 90.
Bonne journée à vous.

Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 15:45 par Marie ( site web )

Bonjour Dzana,

quand j'ai vu l'info sur la BBC, j'ai tout de suite pensé à toi ! j'attendais ton billet et tes commentaires sur le sujet :)
J'ai poussé un soupir de soulagement quand j'ai appris la nouvelle.
Certes ça ne fera pas revenir ceux qui vous ont quitté à cause de lui, mais j'espère que Justice sera rendue et que ça pourra en partie soulager la peine et aider tout le monde à avancer.
Comme Charliedelta, je suis bien désolée que les occidentaux n'aient pas réagit et terminerait aussi par une pensée respectueuse pour ceux que nous n'avons pas su et pu aider.
A bientôt !

Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 21:37 par Ivar

Bonjour Dzana et correspondant-e-s du site,
Je suis revenu de Bosnie-Herzégovine juste avant la livraison de Karadzic et j'ai donc manqué l'explosion de joie à Sarajevo. J'ai lu plusieurs journaux de Suisse à ce sujet et je constate que malgré le fait que Karadzic et Mladic sont cités comme fondateurs de la dite "République serbe" ou RS, aucun média ne pose la question de la légitimité ou non de cette "entité" fondée sur le crime.
Certains commentateurs disent que cete arrestation (et celle de Mladic) "permettra enfin de tourner la page". C'est une grave illusion. En effet, la page ne sera tournée que le jour où les dites "entités" (restants de la guerre) seront supprimées au profit de la réhabilitation d'une "République de Bosnie-Herzégovine" avec égalité des droits pour tous les citoyens,ce qui est loin d'être le cas en RS.
J'ai nt. été témoin le 15 juillet de l'interdiction faite par les autorités RS et leur police aux "Mères de Srebrenica" pour aller déposer des gerbes de fleurs devant l'ex-hangar agricole de Kravica, le pire lieu du génocide de Srebrenica, où ont été exécutés entre le 12 et 13 juillet 1995 plus de 1500 hommes, des civils de la colonne des 14.000 hommes partis des hauts de Srebrenica le 11 juillet.
Ce lieu devrait obtenir le même statut de Memorial que Potocari, avec protection directe par le gouvernement de Bosnie-Herzégovine (BiH). Il faut pour cela une action au niveau international, en interpellant nos autorités.
Autre point important : le terme "Musulman" en tant que nationalité a été aboli lors de la première réunion du Parlement de BiH en 1993 en faveur du terme "Bosniaque" et donc "Fédération Croato-Bosniaque". Le TPI respecte cette appelation, courante en BiH. Par contre la presse Serbe et par conséquent l'AFP en France (et aussi l'ATS en Suisse) continuent d'utiliser le terme de "Musulman" ou de "musulmans de Bosnie", ce qui perpétue une certaine confusion.
J'ai du respect pour les musulmans, surtout Bosniaques; mais j'estime que l'adhésion à une religion doit procéder d'un libre choix et ne doit pas être imposé de l'extérieur. C'est assez curieux que l'Europe qui se proclame laïque impose aux Bosniaques d'être obligatoirement musulmans...
En poussant cette logique illogique à l'absurde. il faudrait alors appeler les Bosno-Serbes : les "Orthodoxes de Bosnie" et les Croato-Herzégoviniens : les Catholiques de Bosnie".

Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 23:23 par francis ( site web )

Ivar je te rejoins sur pas mal de points, un jour il y aura un mémorial digne de ce nom à Srebrenica quand on visite Oradour Sur Glane cela fait froid dans le dos et cela a été 10 fois moins important que ce qui s'est passé là bas. Pour moi bien plus que le jugement de ce Karadzic c'est une réforme profonde de l'ONU que j'attend ou plus exactement dont je rêve, j'ai été moi même casque bleu les hommes de la bases je dirais même les hommes de l'ONU ne sont pour rien dans les dysfonctionnements c'est tellement difficile de se trouver dans des populations déchirées et les gens de l'ONU rendent de grands services et rendrons encore de grand service mais nos grands dirigeants n'ont pas tiré les leçons de SREBRENICA, du RWENDA et plus récement du DARFOUR. En tous les cas c'est bon de savoir que Karadzic est tombé attendons maintenant la livraison de Mladic.

Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 23:52 par Nadia

DZANA,

Merci pour ton billet sur le sujet, ca m'a appris beaucoups de choses sur personnage.Esperons que justice sera faite.

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Le Jeudi 24 Juillet 2008 à 10:08 par Dzana

Bonjour,

Charlie et Marie > Bonjour, ça fait plaisir de vous (re)voir :) Vos pensées d'amitié nous vont droit au coeur. Oui, c'est un vrai pas en avant. Beaucoup de chemin reste encore à faire mais cette étape était indispensable dans la marche vers la paix.

Ivar > Vous avez raison, il y a une confusion beaucoup trop grande au sujet des termes "Bosniaques", "Musulmans", etc. On dirait réellement que les journalistes ne se proccupent pas de savoir si leurs lecteurs vont comprendre quoi que ce soit à leurs écrits. Le côté "sensationnel" semble avoir la priorité sur le côté "informatif", surtout sur les médias de masse. Pour bien faire, ils devraient employer le terme officiel "Bosniaque" pour désigner les Musulmans de Bosnie, quitte à préciser entre parenthèses qu'ils désignent par là les Musulmans de Bosnie. C'est une méthode peu élégante, c'est vrai, mais c'est la seule qui permet de se comprendre. En tous cas c'est ce que je fais systématiquement sur mon blog. Vous avez aussi raison pour le terme "fédération croato-bosniaque", et c'est désormais le terme que j'emploierai. Pour la (RS) République serbe de Bosnie, ses dirigeants affirment qu'elle est née à partir de la volonté des Serbes de Bosnie, et qu'elle aurait existé même sans Karadzic. Voila pourquoi selon eux les crimes de Karadzic ne remettent nullement en cause la légitimité de cette entité politique.

Francis > Oui c'est ça qui est frustrant. Que l'ONU ait fait des erreurs en Bosnie, ok, mais la moindre des choses serait d'en tirer les leçons pour ne pas les reproduire. Or apparemment ce n'est pas le cas. Sinon, où étais-tu Casque bleu ?

Nadia > Merci :)

Si vous le souhaitez, vous pouvez également venir en discuter sur le forum : une discussion est consacrée à cette arrestation dans le salon "Actualité".

A bientôt.

Le Jeudi 24 Juillet 2008 à 10:52 par Ivar

Concernant l'appellation "Bosniaques" à laquelle on peut ajouter (Musulmans), ce serait au Ministère Bosniaque des affaires étrangères et aux ambassades de réagir. Si ce n'est pas le cas, cela démontre bien la paralysie du gouvernement, obligé de prendre les décisions à trois. Or le représentant RS tient à maintenir pour des raisons évidentes (la peur de l'islam en Europe) le terme de "Musulmans".
Nous sommes donc réduits,en tant que citoyen-ne-s, à écrire aux médias pour tenter de rectifier, mais cela n'a pas le poids de communiqués officiels.
Concernant l'abolition des "entités" et donc de la RS, il reste aux Bosno-Serbes qui désirent garder et développer leur culture (ce qui est tout à fait légitime) de lancer des jumelages avec des villes et Communes de Serbie.
Il n'y a pas besoin pour cela de maintenir une entité "République Serbe" qui n'avait de sens que dans le cadre du rêve fou et criminel de "grande Serbie" aujourd'hui révolu.
La perspective d'entrée dans l'UE de tous ces pays constitue une nouvelle donne, qui devrait favoriser la réhabilitation d'une "République de Bosnie-Herzégovine" plurielle et égalitaire.

Le Mardi 29 Juillet 2008 à 01:58 par jean ( site web )

bonsoir, et merci pour ce billet vraiment très complet. Un très bon résumé.
j'espère que la juste pourra faire son travail correctement suite à cette arrestation.

Le Mardi 29 Juillet 2008 à 12:26 par el rubab

salut Dzana
juste un petit mot pour dire que ce côté "désinformation" des médias dont tu parles à propos de la confusion sur les termes "Musulman", "Bosniaque" ... est malheureusement très courant. Il y a d'ailleurs un exemple assez proche qu'on entend régulièrement, çà concerne le conflit en Irak: sans arrêt les journalistes divisent la population en "sunnites" "chiites" et "kurdes" comme si ces derniers n'appartenaient à aucune des deux catégories précedemment citées ... et visiblement çà n'étonne personne puisqu'on peut l'entendre sur plusieurs chaînes, dans plusieurs magazines, etc...
enfin, cela nous pousse à plus creuser dans les informations pour ne pas être trompés, c'est le côté positif...
à plus

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Le Vendredi 1 Août 2008 à 13:10 par Mate

Drago mi je sto je ovaj ludjak napokon uhapsen. Sada on spava u zatvoru, to je zasluzio.

Je suis consterné d'arriver à la conclusion suivante: quelques personnes, par folie ou par idéologie, peuvent changer la vie de milliers d'autres... tel est ce Radovan Karadzic.

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Le Vendredi 1 Août 2008 à 13:18 par Mate

A propos des expressions Bosniaques ou Musulmans... L'expression "Musulmans" avec un M majuscule est une invention qui date des années 1960; un Musulman n'est pas forcément un croyant, d'où la nouvelle appelation datant de 1993 "Bosnjaci".

Mais attention, l'expression Musulman ne désigne pas les Bosniaques dans leur globalité. Il ne faut pas confondre les "Bosanci" (les Bosniaques, expression qui englobe tous les habitants de la Bosnie, Croates, Serbes et Musulmans)et les "Bosnjaci", expression qui désigne les Bosniaques de confession ou de culture musulmane.

En résumé:

Bosniaque = tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine ("bosanci" en lanque serbo-croate), peu importe leur religion ou leur rattachament ethnique. Cette expression englobe donc les citoyens catholiques, orthodoxes, musulmans, juifs...

Bosnjaci ("bochnyatsi" en phonétique) = les Bosniaques de confession ou de culture musulmane.

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Le Vendredi 1 Août 2008 à 14:56 par Dzana

Bonjour Mate,

J'ai consacré un article aux termes "Bosniaque", "Bosnien", "Musulman", car c'est une question très ambigue.

J'invite donc tous ceux qui sont intéressés (par exemple Ivar) à en débattre sur l'article :
http://www.dzana.net/23-peuples-bosnie.html

Ici, restons centrés sur le sujet qui est Radovan Karadzic :)


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