Auteur : Dzana
Publié le dimanche 02 mars 2008.
Rubrique : Balkans.
Mots clés: Personnalités yougoslaves.
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Slobodan Milosevic
Slobodan Milosevic est-il responsable, à lui seul ou en partie, des guerres qui ont ensanglanté la Yougoslavie ? Slobodan Milosevic était-il un ultra-nationaliste de nature, ou bien a-t-il simplement profité de ce mouvement pour accéder au pouvoir et le conserver ? Détenait-il toutes les rênes du pouvoir, ou était-il influencé et manipulé par d'autres hommes et d'autres femmes - à commencer par la sienne ? Qui était Slobodan Milosevic ?
- Sommaire
- Enfance difficile
- L'ombre d'Ivan Stombolic
- "Personne n'a le droit de frapper ce peuple"
- Titiste ou nationaliste ?
- La mafia
- Les guerres
- La chute
Enfance difficile
Slobodan Milosevic est né le 20 août 1941 à Pozarevac, Serbie, d'un père monténégrin prêtre orthodoxe et d'une mère enseignante. Son père était pope, situation très compliquée dans la Yougoslavie titiste, surtout dans les années 50. La religion était mal vue, les prêtres étaient libres mais n'avaient aucun pouvoir. Ses deux parents se sont suicidés, son père d'abord. Le jeune Slobodan ("Slobodan" signifie "libre") a été élevé par sa famille, dans une ambiance déséquilibrée et bancale.
C'est peut-être pour intégrer une autre grande famille que Slobodan Milosevic adhère très jeune au parti communiste, à l'âge de 18 ans. Parallèlement à son engagement politique il mène des études de droit. C'est d'ailleurs un point commun à la plupart des futurs dirigeants yougoslaves : Alija Izetbegovic (Bosnie-Herzégovine) et Milan Kucan (Slovénie) sont eux aussi diplômés de droit.
Slobodan Milosevic fait alors une première carrière dans l'industrie, dans le secteur de la pétrochimie, puis une seconde carrière dans la finance, à la banque de Belgrade. Rien ne le prédestine alors à une carrière politique d'envergure : c'est un homme au caractère introverti, sans charisme.
L'ombre d'Ivan Stombolic
Toute la carrière de Slobodan Milosevic se trace dans le sillon d'un homme, Ivan Stombolic, son mentor, son maître à penser, son protecteur, qui lui permettra de gravir un à un tous les échelons vers le pouvoir. Chaque fois que Stombolic gravit une marche, la place laissée vacante revient à son protégé. C'est donc grâce à Stombolic que Slobodan Milosevic devient en 1984 chef de la section Belgrade du parti communiste. Et trois ans plus tard, chef du parti communiste de Serbie.
Autant Ivan Stombolic était un homme d'allure, charismatique et imposant, autant son protégé avait du mal à rayonner et s'imposer. Plus tard, en 1989, quand Slobodan Milosevic accèdera au pouvoir, il écartera définitivement son mentor. Ivan Stombolic sera assassiné treize ans plus tard, en août 2000, quelques semaines avant que Milosevic ne perde le pouvoir. Assassiné par des hommes de la police secrète de Milosevic (jugés et condamnés à des peines de prison allant de 15 à 40 ans en juillet 2005).
"Personne n'a le droit de frapper ce peuple"
En 1987, des émeutes éclatent au Kosovo. Milosevic est présent et est interpellé par la foule et surtout par un vieillard qui s'écrie : "Les policiers albanais ont frappé nos frères serbes ! Ils ont frappé des femmes et des enfants !" Slobodan Milosevic, qui sait que la caméra est braquée sur lui, prend alors un air grave et solennel et déclare : "Personne n'a le droit de frapper ce peuple". Puis il marque une pause et reprend : "On ne vous battra plus jamais".
Pendant des jours et des jours, cette parole est passée en boucle sur toutes les radios et télévisions serbes, et fait de lui un héros national. Ce jour-là, Slobodan Milosevic devient le "sauveur" du peuple serbe, celui en qui on va placer toute la confiance.
Titiste ou nationaliste ?
En avril 1987, quelques mois avant cette fameuse déclaration, Slobodan Milosevic avait pourtant ponctué un discours par : "Un nationalisme exclusif qui se fonde sur la haine des autres nationalités ne fera jamais avancer les choses". Etait-il sincère ? Oui, certainement. Mais il a compris par la suite que le courant nationaliste était un formidable tremplin pour accéder au pouvoir. C'est donc par opportunisme qu'il est devenu, en quelques mois, un fervent partisan des projets pan-serbes, et qu'il a renié le Titisme tout en continuant d'affirmer qu'il ne souhaitait que le maintien de la nation yougoslave.
A peine élu à la présidence, il supprime l'autonomie de la Voïvodine et du Kosovo et destitue le dirigeant du Monténégro pour le remplacer par un homme acquis à sa cause. Ainsi Milosevic devient maître de quatre entités politiques (Serbie, Kosovo, Voïvodine, Monténégro), sur les huit que comportaient alors la Yougoslavie, soit la moitié. Il en faut moins que ça pour décider les autres nations (Slovénie, Croatie, Macédoine, Bosnie-Herzégovine) de déclarer leur indépendance.
La mafia
Tout le pouvoir est entre les mains de Slobodan Milosevic, de sa famille et de ses amis. Les politiciens entrent dans la mafia, et les mafieux entrent dans la politique. Le directeur des trois chaînes de télévision de Belgrade, Dusan Mitevic, est un proche ami de Mira Markovic, la femme de Milosevic. Les actualités à la télé ne font plus que montrer en boucle les "massacres de Serbes" par des Croates ou des Bosniaques, et ne cessent de poser les Serbes en victimes, afin d'exacerber la haine et les sentiments nationalistes. Tous les médias sont contrôlés par Milosevic.
Son fils Marko est lui-même à la tête de trafics de drogues, d'armes et d'humains. Tout en Serbie n'est plus que corruption, mafia, trafics. Pour le financement, Slobodan Milosevic ne s'embarrasse pas : il met sous tutelle la Banque nationale yougoslave (et donc fédérale), gèle les compte, et s'approprie, pour la Serbie et pour son portefeuille personnel, les onze milliards d'euros des épargnants de toutes nationalités ! L'un des plus grands vols de l'histoires des banques.

Slobodan Milosevic
Domaine public
Les guerres
En réunissant sous son contrôle la Serbie, le Kosovo, la Voïvodine et le Monténégro, Slobodan Milosevic avait déjà fait un grand pas en avant vers le vieux rêve de la "Grande Serbie". Il continue d'affirmer qu'il souhaite le maintien de la nation yougoslave, sauf qu'il a une conception très personnelle de la Yougoslavie : un pays qui serait entièrement aux mains des Serbes, et en dernier ressort, de lui-même. Aussi, quand la Slovénie puis la Croatie déclarent leur indépendance, il envoie son armée pour "protéger ses frères serbes", en affirmant que s'ils le souhaitent, les Serbes doivent pouvoir rester en Yougoslavie, avec leur territoire, sous l'éternel prétexte que "là où vit un Serbe, là est la Serbie".
En Bosnie-Herzégovine, le nettoyage ethnique prend des proportions effrayantes car il est orchestré par des hommes encore plus fanatiques et sanguinaires que Milosevic : il s'agit du "président" Radovan Karadzic (président de la République serbe de Bosnie, qui n'a jamais existé officiellement) et de son bras droit le général Ratko Mladic. Slobodan Milosevic leur envoie l'armée serbe, qui n'est autre que l'ex-armée fédérale de Yougoslavie. Plus tard, on peut supposer que Milosevic finira par revenir sur ses positions, lassé par l'entêtement de Radovan Karadzic. Car les guerres de Bosnie avaient des répercussions sur la Serbie : en plus des embargos décrétés par la communauté internationale, il y avait les afflux de réfugiés serbes, à nourrir et à loger (lire aussi : Guerre de Slovénie, Guerre de Croatie, Guerre de Bosnie.
En 1995, aux accords de Dayton Paris, le président Bill Clinton serre la main de Slobodan Milosevic et lui déclare : "Sans vous, nous ne serions jamais parvenus à cette paix". Il est certain que cette parole de Clinton était ironique, et qu'il a voulu signifier à son homologue : "Sans vous, il n'y aurait jamais eu de guerre, et donc pas de paix à signer".
La chute
Au Kosovo, Slobodan Milosevic continue de n'agir que par la force et la violence, encore et toujours, apparemment incapable de proposer des solutions diplomatiques. Ce qui conduit l'OTAN à bombarder la Serbie pendant deux mois et demi, en 1999. Le pays est dévasté, à genoux, mais Milosevic ose encore déclarer : "La Serbie a gagné".
Pourtant, l'année suivante, Slobodan Milosevic perd les élections face à Vojislav Kostunica. Refusant d'admettre sa défaite, Milosevic affirme que le vote a été truqué et demande son annulation. Cette fois-ci c'en est trop pour le peuple serbe, et Slobodan Milosevic est définitivement écarté du pouvoir. En mars 2001, sommé de se rendre, la police serbe mène l'assaut devant son appartement, et l'ex-président se rend au bout de trente-trois heures de siège. Il est livré à l'ONU en juin 2001.
Sa femme Mira et son fils Marko se réfugient à Moscou, auprès de l'ambassadeur de Serbie en Russie, qui n'est autre que le frère de Milosevic. Slobodan Milosevic est inculpé par le TPIY (Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie) de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide. Mais il meurt le 11 mars 2006 au centre de détention des Nations unies à Scheveningen, en cours de procès, d'un infarctus du myocarde. Précisons qu'il assurait lui-même sa défense et qu'il avait déclaré quelques mois auparavant qu'il craignait d'être empoisonné.
Il a été inhumé dans sa ville natale, à Pozarevac, devant une foule de 50 000 fidèles.
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Commentaires :
Le mardi 04 mars 2008 à 21:50 par Dzana
Bonjour Nanoucha,
Merci beaucoup pour ce commentaire très constructif ! C'est un véritable article que tu nous fais là. Je ne savais pas tout ça, ce sont des informations très intéressantes, et je vais essayer de me procurer ce recueil de témoignages :)
Pour Milosevic, j'ai longtemps hésité avant de faire un article, et j'ai finalement pensé que ce serait utile pour la compréhension générale des conflits dans les Balkans.
A bientôt,
Dzana
Le dimanche 09 mars 2008 à 22:46 par aimé
D’accord avec Dzana, je trouve cette biographie très utile pour comprendre. Belle synthèse. Pour compléter, j’avais entendu dire qu’au moment des premières indépendances il avait déjà réussi à
remanier l’armée en nommant aux postes clés des généraux prêts à suivre aveuglément ses ordres.
Peut-être en savez vous plus que moi à ce sujet. Belle découverte, cette biographie de Svetlana Broz
Le dimanche 09 mars 2008 à 23:29 par Dzana
Bonjour Aimé,
Pour l'armée c'est bien simple : au départ elle était yougoslave, fédérale, multi-ethnique. Une fois que Milosevic se fut rendu maître de 4 entités sur les 8 de la Yougoslavie, il devenait maître de l'armée, qu'il a envoyée faire la guerre en Slovénie, en Croatie et en Bosnie. Alors forcément, dans l'armée, tous les non-serbes ont déserté, car ils n'allaient tout de même pas se battre contre leur propre pays ! C'est ainsi que l'armée fédérale est devenue serbe.
Le lundi 10 mars 2008 à 21:16 par aimé
Avant que les non serbes aient déserté, n'y avait-il pas eu une période où Milosevic avait fait le ménage pour placer des partisans "pro-nationalistes"?
Le lundi 10 mars 2008 à 21:34 par Dzana
Si, bien sûr, tout ceci s'est fait en même temps...
Le jeudi 13 mars 2008 à 11:55 par Darcy
Très intéressant
A quand un portrait de l'infâme Radovan Karadzic ?
Le jeudi 13 mars 2008 à 22:07 par Dzana
Bonjour Darcy,
Un jour, je parlerai de Karadzic et Mladic, oui... Mais ce sont des sujets délicats, qui demandent de la prudence.
Le dimanche 20 avril 2008 à 17:19 par Dina
Salut, sa fait trois jOur que je parcOurs tOn site.. il est vraiment bien, Bravo!
Enfaite je fais un exposé sur la bOsnie pour mes profs. Je vais être évaluer sur ce sujet, pi pour comprendre la guerre qu'il y a eut il faut comprendre l'avant tito pi l'après, tOut ca dans ton site c'est vraiment bien expliqué mais je m'y pers.. =( alors que je veux le faire le plus simplement possible.. Pourrais-tu me dire quelles sont les choses les plus principales à savoir ?
Le dimanche 20 avril 2008 à 23:27 par Dzana
Salut Dina,
Je veux bien t'aider bien sûr, et le mieux je pense c'est que tu t'inscrives au forum et que tu y poses tes questions : http://bosnie.dzana.net/
A bientôt,
Dzana
Le mercredi 23 avril 2008 à 20:51 par Dina
Merci beaucoup mais pour finir j'ai pris ces texts là pour monter à mon prof et il a très apprécier, c'était passionnant!!
Encore Bravo pour tOn site une vrai réussite !
A bientôt
Le jeudi 01 octobre 2009 à 10:50 par MUMU
JE NE SAIS PLUS OU M TOURNER. MON PERE BIOLOGIQUE EST YOUGOSLAVE. MA MAMAN VIENT DE M L AVOUER. JE SAIS JUSTE QU IL S APPELLE STEVE RISTIC ET QU IL ETAIT VENU TRAVAILLER EN FRANCE CHEZ NOUS EN CORREZE. PERSONNE NE PEUT M AIDER . LES AMBASSADES DISENT QUE JE N AI PAS ASSEZ DE RENSEIGNEMENTS. C EST SI SOUDAIN AIDEZ MOI OU ET VERS QUI ME TOURNER??
Le vendredi 09 octobre 2009 à 02:40 par Mehmed
Bonsoir Dzana,
Tout d'abord, merci pour ton blog qui dévoile des facettes intéressantes de cette région (ô combien intéressante) d'Europe.
Je suis surpris des commentaires de personnes s'étonnant de la présence de l'ancien président serbe S. Milosevic, en effet cet homme est l'un des personnages centraux de l'histoire contemporaine des Balkans Occidentaux. Je ne prétends actuellement pas disposer de connaissances historiques suffisantes sur le personnage, d'autant plus que la Yougoslavie des années 80, soit post-titiste demande une recherche conséquente pour éventuellement expliquer les guerres civiles qui s'ensuivirent durant la décennie suivante.
Mais je vais tenter de rétablir certains faits, certaines vérités concernant l'ancien Président de l'ex République yougoslave. Avant d'émettre un avis sur la personne, il faut se replacer dans le contexte des années 80-90, avec un pays d'Europe balkanique assez isolé sur la scène européenne, du fait de son non-alignement sur les 2 blocs que sont à l'époque les États-Unis, et l'URSS mais qui présente néanmoins un intérêt stratégique indéniable. Je ne reviendrai pas sur les multiples ingérences de la part des pays d'Europe de l'Ouest tels l'Allemagne ou l'Autriche, visant à déstabiliser et à terme éclater l'entité yougoslave, mais cet état n'est pas importun et exempt d'intérêt. Situé au carrefour européen des échanges Europe-Asie, Europe-Méditerranée la Yougoslavie de Tito possédait un formidable potentiel de développement économique, avec les autres puissances de la région (URSS, CEE, Moyen-Orient), et sa nature socialiste entravait et empêchait la bonne marche de l'expansion économique de l'Ouest dans cette région, et par la suite (bien après Tito, à la fin de la guerre froide) une présence impérialiste (par le biais de bases militaires, ou de pays ralliés à l'OTAN). Le démantèlement de l'ex-Yougoslavie a été fortement et soutenu par l'action et la politique étrangère des pays occidentaux. Non seulement, un grand pays non-aligné dans les Balkans ne leur apportait aucun intérêt économique, et politique mais de plus pouvait se révéler dangereux et influencer les nouveaux pays européens (ceux de l'Est) à un positionnement politique semblable (à savoir le non-alignement, et peut-être une union politique de la zone). La Yougoslavie dérangeait tant par son unité que par son non-alignement. Des troubles alors ont commencé à éclater remettant en cause l'intégrité fédérale yougoslave, avec son lot de morts et de désolation. A l'extérieur, les Serbes étaient perçus comme étant les responsables et les acteurs de ces "génocides ethniques" (terme non approprié et utilisé à tort pour désigner les assassinats ayant eu lieu durant les guerres civiles), les Bosniaques, et les Croates comme les victimes innocentes, et irresponsables de la situation de l'époque.
Je ne vais pas revenir non plus sur le génocide (car là on peut désigner par ce terme la barbarie nazie du IIIe Reich et de ses alliés à l'encontre des Serbes et des Roms durant la II guerre Mondiale, avec l'implication des Oustachis croates, et des musulmans de Bosnie, mais également d'Albanie, qui ont rallié la cause nazie et fasciste, et ont érigé des camps d'extermination à l'encontre des populations serbes et roms (700 000 morts pour les seuls Serbes). Mais il est important de noter ce point historique, pour expliquer la réaction de l'armée fédérale yougoslave lors des prémisses des conflits balkaniques des années 90. Les minorités serbes ont été prises à partie par le camps de F. Tudjman homme politique croate qui voulait "croatiser" l'ex-république yougoslave, en l'épurant de ses populations serbes (en Slavonie orientale, mais aussi dans la région de Knin). Les crimes commis par les nazis tant à l'époque encore présent chez les Serbes, l'envoie des troupes de l'armée fédérale yougoslave a été effectué dans l'unique but de protéger ces minorités menacées. De là, avec les revendications slovène puis croate d'indépendance, l'engrenage a pris également en Bosnie, et cet homme S. Milosevic qui était à l'époque au pouvoir a eu le souci de préserver l'intégrité territoriale d'un pays qu'il considérait à juste titre comme le pays de tous les Yougoslaves.
J'ai appris, grâce à ton article la réplique du président Clinton à l'encontre de S. Milosevic lors de la signature des accords de Dayton. C'est tout de même incroyable de la part d'un tel individu dont la politique irresponsable en Amérique centrale, en Somalie, et à l'égard de pays sous embargo (notamment avec la politique criminelle et irresponsable de M. Albright et B. Clinton à l'encontre de l'Irak) de donner des leçons à un homme politique dont le seul tort aura dans un premier temps été de vouloir préserver l'unité du pays, et ensuite protéger les minorités ethniques au Kosovo-Metohija.
En ce qui concerne, le sud de la Serbie, appelé également Kosovo-Metohija, la situation politique et sociale en était devenue à ce point insoutenable pour les minorités, que S. Milosevic a à juste titre décider d'y envoyer les soldats de l'armée nationale pour rétablir l'ordre et faire respecter la loi serbe, sur une province serbe. Dzana, le 1er paragraphe de ta partie intitulée la Chute, en parlant de S. Milosevic n'est pas approprié. La majorité albanaise au Kosovo-Metohija oppressait les autres minorités (serbe, rome, goran, turque, égyptienne et juive) par une xénophobie et une violence importante à leur égard. Dans un premier temps, la police de la province (mixte, et composée de toute ethnie) est intervenue, mais très vite débordée (des heurts importants ont éclatés, et même des policiers d'origine albanaise ont été pris à parti par certains Albanais du Kosovo-Metohija), le gouvernement de Belgrade a du faire appel à l'armée, et c'est là que la désinformation commence. Simplement pour dire, que l'intervention de S. Milosevic était légitime (imaginer que la région Rhône-Alpes, ou Nord-pas-de-Calais décident de ne pas respecter, et appliquer les lois de la République française)et nécessaire pour respecter le droit au multi-culturalisme et préserver la dignité des habitants de la province serbe (à noter que la Serbie est l'état le plus multi-culturel d'Europe).
Les criminels de l'UCK (il n'y a pas d'autres mots pour les qualifier), soutenus en sous-main par les mafias, et le gouvernement albanais, ainsi que les forces impérialistes américaines et de leur sbires (la multinationale du crime l'OTAN), a invoqué l'urgence humanitaire (créant par la même occasion la notion de bombardement humanitaire) pour ravager la Serbie, allié traditionnel et peuple frère de la Fédération de Russie. Malgré, la Résolution 1244 de l'ONU, signée en échange du départ des troupes de S. Milosevic, et qui dit que l'intégrité territoriale serbe doit et sera respectée, et que le Kosovo-Metohija, l'année dernière eut lieu la déclaration par le gouvernement fantoche de Prishtina (mais nous devrions dire Washington) d'indépendance d'une nouvelle république dans les Balkans. La situation a empiré dans la province du Kosovo-Metohija, avec une population en majorité albanaise livrée aux mafias, au trafic d'humains, à la drogue, et à la prostitution faisant de la région la 1ère plaque tournante européenne du trafic internationale. Le chômage y atteint plus de 50%, et le droit des minorités n'y est pas garantie (cf. pogrom de Prizren en 2004). Dzana, si S. Milosevic a déclaré lorsque les troupes serbes ont quitté la province du Kosovo-Metohia, qu'ils avaient gagné, c'est parce que les usurpateurs de ladite communauté internationale (composée de l'UE, et les USA, les représentants du Bien) avaient promis que le Kosovo-Metojia resterait serbe.
Enfin, je vous laisse ces liens, les 2 premiers traitant de l'ancien dirigeant serbe (dont son interview en 2001 par le magazine italien la Stampa), un autre qui traite des conditions humanitaires des enfants irakiens sous l'embargo décidé et poursuivi par le donneur de leçons B. Clinton. Et un dernier, qui est le point de vue d'un philosophe slovène Slavoj Zizek à propos de l'intérêt hypocrite porté par l'UE à l'égard des Albanais. J'en aurais des tas d'autres, mais malheureusement par manque de temps, et de moyens je ne peux vous transmettre toutes mes connaissances sur la question :
http://www.michaelparenti.org/Milosevic.html
http://liberezmilosevic.free.fr/smilosevic.htm
http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/irak/huma-rightswatch-memo
http://balkans.courriers.info/article13663.html
Je ne prétends pas faire l'apologie de S. Milosevic, mais comme tout homme politique impliqué dans des guerres, et notamment le douloureux démantèlement de la Yougoslavie, il a sa part de responsabilité avec un double disours tenu à l'égard des nationalistes serbes, et ce dans une visée électorale.
Pour information, je suis d'origine arabo-musulmane, et non-serbe, et pour m'être déjà rendu dans plusieurs pays de la région, et m'être pas mal renseigné sur le sujet, je ne peux être taxé de parti-pris.
Le vendredi 10 février 2012 à 12:48 par Ola
Votre site est très bien et très intéressant, même s'il n'est pas mentionné partout et c'est une véracité que l'Islam est présent dans tout les pays Slave.
Sinon, j'ai appris beaucoup grâce à votre site et ce n'est pas fini car il ya un certain nombre de choses intéressantes dessus.
pour info, je suis SLAVE et musulmane avant tout
je suis asiatique
et je suis trop fière d'être Slave et Polonaise
et fière d'être asiatique et Viêtnamienne
et bien sur musulmane.
le sgens ensent leurs absurité je m'en fous
je suis pan slave.
Pays de l'Est pour toujours!!!!!!!
pozdraw!









Le mardi 04 mars 2008 à 15:47 par Nanouchat
Bonjour Dzana
j'ai été très surprise que tu parle de cette personne. Non il n'était probablement pas seul. Plusieurs l'ont soutenu et ont obéit aux ordres données. Quel gâchis humain ce fut tant pour les Serbes eux mêmes , que pour les autres personnes vivant dans les Balkans. Et ce peu importe qu'ils soient de tel ou tel nationalité ou de tel ou tel religion....
Aujourd'hui ,un peu par esprit de contradiction ou bien par compassion, je voudrais te parler de Svetlana Broz. La petite fille non de Milosevic mais plutot celle de Tito (Jozip Broz). Dans les années 1990 Svetlana Broz pratiquait alors la medecine à l’hôpital militaire de Belgrade. Attristée et Révoltée par les évenements, elle décide d’agir à sa maniere. Dès qu’elle le peut, les we, elle quitte Belgrade et se rend au-delà de la frontière serbe
« soigner qui en avait besoin, sans poser de question ».
« La Bosnie-Herzégovine avait toujours été le symbole de l’harmonie dans notre pays multiethnique et multiconfessionnel. La Yougoslavie de mon enfance s’écroulait tristement. »
Dans les tout petits dispensaires, Svetlana Broz soigne les corps brisés par la guerre. Elle se demande « à quel point les âmes sont meurtries et combien chacun porte en soi une douloureuse histoire. De temps en temps, un geste fraternel ramène l’espoir. » Car certains blessés confient au médecin qu' elle est les petites bontés que d’autres ont eu à leur égard, sans tenir compte de leur origine ethnique ou de leur foi religieuse.
Svetlana Broz veut alors conserver ces précieux témoignages d'humanité et sort une vieille enregistreuse. La femme médecin devienta lors journaliste. Elle recherche des témoins, des gens ordinaires qui pendant la guerre ont côtoyé des « justes », qu’ils soient croates, serbes ou bosniaques. Les témoignages ainsi rassemblés sont publiés sous forme d'un livre. La version en langue française est :
''Des gens de bien au temps du mal. Témoignages sur le conflit bosniaque (1992 - 1995)''
Aux éditions Charles Lavauzelle,
En 2000, elle démissionne de son poste de medecin cardioloque et quitte Belgrade. « J’ai voulu vivre en Bosnie-Herzégovine, parmi les gens que j’avais soignés et dont j’avais recueilli les touchants témoignages. » Elle choisit alors d'aller vivre à Sarajevo, sur ses collines fleuries où pendant 500 ans ont cohabité en paix différentes communautés et où se côtoient encore aujourd’hui, malgré les drames récents, mosquées, synagogues, églises catholiques et orthodoxes.
Peut-être dans notre humanité que nous partageons aurait-il valu plus de femmes et d'hommes comme cette Svetlana Broz et moins d'hommes et de femmes que ce Milosevic.