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15
janvier 2008
Le journal de Zlata
Rubrique : Bosnie. Mots clé : Capitale bosniaque, Culture Bosnie.Zlata Filipovic était une enfant de Sarajevo. Agée de onze ans lorsque les premiers obus s'abattirent sur la capitale, elle tenait depuis quelques temps déjà un journal intime, qu'elle surnommait "Mimmy", et à qui elle confiait sa tristesse et sa peur vis à vis des terribles évènements qui frappaient la Bosnie-Herzégovine. Ce journal, aujourd'hui publié dans le monde entier, est un témoignage inestimable du siège de Sarajevo, à la fois historique, sincère et touchant.
Le journal commence en septembre 1991. La guerre est alors à son comble en Croatie, et Zlata s'inquiète pour sa famille et ses amis qui habitent des villes comme Dubrovnik. Elle souhaite surtout que la guerre ne passe pas les frontières. Mais les évènements s'enchaînent et à partir du printemps 1992 son quotidien se transforme : elle doit désormais vivre dans la cave, avec ses parents et ses voisins, le plus souvent sans électricité et sans eau courante.
A l'été 1993, une journaliste du Figaro découvre ce journal et, après avoir rencontré Zlata et ses parents, propose une publication chez un éditeur français. Le livre rencontre beaucoup de succès, ce qui permet à Zlata et à ses parents de quitter Sarajevo pour venir s'installer à Paris.
Aujourd'hui et depuis treize ans, Zlata Filipovic vit à Dublin, où elle a étudié l'anthropologie. Elle se consacre à témoigner de ce qu'elle a vécu, au nom de tous les enfants qui n'ont pas eu la chance de sortir vivants de la guerre de Bosnie. A ce titre, elle a publié Paroles d’enfants dans la guerre, un recueil d'extraits de journaux intimes inédits écrits par des enfants anonymes victimes de la guerre de par le monde.
Découverte
Ce livre me tient particulièrement à coeur. J'étais à Sarajevo à la même époque, et quand je lis son journal, je me dis que j'aurais pu raconter la même chose, si j'avais écrit. Car il y a vraiment beaucoup de points communs : la vie dans la cave, les fenêtres éclatées, les gens qui se réfugient chez leurs voisins, les morts que l'on apprend, la faim, le froid, l'école qui ferme, qui rouvre, qui referme et qui re-rouvre... Zlata avait même une copine qui s'appelait Bojana, elle aussi :) Et nous avons quitté Sarajevo à peu près à la même époque (moi un peu avant elle).
Je ne l'ai jamais rencontrée, et n'ai pas non plus assisté à l'une de ses conférences, car elle en a donné beaucoup. J'ai même lu son livre assez tardivement. J'étais alors au lycée, en première, et dans la bibliothèque du lycée je suis tombée sur son journal intime, par le plus grand des hasards. Bien sûr je connaissais ce livre, j'en avais souvent entendu parler, mais je n'avais pas franchi le cap. Aujourd'hui il fait pour moi partie des livres incontournables.

Le journal de Zlata
Citations
5 avril 1992
Dear Mimmy,
J'essaie de me concentrer sur mes devoirs (un livre à lire), mais je n'y arrive absolument pas. Il se passe quelque chose en ville. On entend tirer des collines. Des colonnes de gens arrivent de Dobrinja. Pour essayer d'arrêter quelques chose - quoi, ils ne le savent pas eux-mêmes. Disons simplement que l'on sent que quelque chose va se passer, se passe déjà, un terrible malheur. A la télé, on voit des gens devant l'Assemblée nationale. A la radio, on passe en permanence la chanson Sarajevo mon amour. Tout ça, c'est bien beau, mais j'ai tout le temps des crampes d'estomac et je n'arrive plus à me concentrer sur mon travail. Mimmy, j'ai peur de la GUERRE !
2 mai 1992
[...]Notre cave est laide, toute noire, et elle pue. Maman, qui a une peur bleue des souris, a deux angoisses à surmonter. Tous les trois, nous nous sommes mis dans le même coin que l'autre fois. Nous avons entendu des obus exploser, des tirs, ça grondait au-dessus de nous. On a même entendu des avions. A un moment, j'ai compris que cette horrible cave était notre seule chance d'avoir la vie sauve. J'ai même commencé à la trouver chaude et belle. Elle seule peut nous protéger de ces terribles combats. Nous avons entendu les vitres se briser dans notre rue. C'est effroyable. Je me suis enfoncé les doigts dans les oreilles pour moins entendre ces bruits effrayants. J'ai eu peur pour Cicko ; on l'avait laissé sous le portail. Je craignais qu'il attrape froid ; ou qu'il lui arrive quelque chose. Je mourais de faim et de soif, et notre déjeuner était là-haut, dans la cuisine, à moitié prêt.[...]
27 mai 1992
Dear Mimmy,
Un carnage ! Un massacre ! Une horreur ! Une abomination ! Le sang ! Les hurlements ! Les pleurs ! Le désespoir ! Voila la rue Vasa Miskin aujourd'hui. Deux obus y sont tombés, et un autre sur le marché. Au même instant, Maman se trouvait dans les parages. Elle a vite couru se réfugier chez grand-père et grand-mère. Papa et moi, on devenait fou en ne voyant pas rentrer Maman. [...] Nous étions sans arrêt le nez à la fenêtre dans l'espoir d'apercevoir Maman, mais rien. Elle ne revenait pas. [...] Une dernière fois, j'ai regardé par la fenêtre et... j'ai vu Maman qui traversait le pont en courant ! Une fois dans l'appartement, elle s'est mise à trembler et elle a éclaté en sanglots. A travers ses larmes, elle a dit avoir vu des gens déchiquetés. Tous les voisins sont alors arrivés, tellement ils s'étaient inquiétés pour elle. Merci, mon Dieu, maman est avec nous. Merci, mon Dieu. Une journée effroyable, impossible à oublier. L'horreur ! L'horreur !
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Commentaires
1. Le vendredi 18 janvier 2008 à 19:58, par kiara_69
C'est très touchant et tellement terrifiant de lire ces mots venant d'une enfant, c'est vrai que ça aurait pu être toi Dzana. Heureusement tu es là et tu racontes aussi ces choses là, à ta manière, qui n'en reste pas moins touchante et boulversante...
2. Le vendredi 18 janvier 2008 à 23:24, par Dzana
En effet son journal est très touchant. Je suppose que tu connais aussi le journal d'Anne Franck, encore plus terrifiant puisque sa jeune auteur est décédée comme on le sait...
C'est cela le plus incroyable dans toutes ces guerres : comment peut-on faire souffrir des enfant qui n'ont rien demandé à personne ?
3. Le mercredi 7 mai 2008 à 17:38, par tine
votre livre est tres bons mais il manque quellle que chose de dans i se passee toujourss la meme affaire
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