Le Cercle parfait est un film franco-bosniaque réalisé en 1997 par Ademir Kenović. L'histoire se déroule pendant la guerre de 1992-1995 et met en scène deux enfants qui, après avoir échappé à un massacre dans leur village, trouvent refuge dans l'appartement d'un poète de Sarajevo. Une relation se tisse entre les deux enfants et l'homme, qui décide de les aider à fuir la ville et retrouver leur tante. Ce film, qui est une reproduction très fidèle de la réalité du siège de Sarajevo, a reçu plusieurs récompenses dans le monde entier, et notamment le Prix François Chalais au festival de Cannes 1997.
Un poète, deux enfants et un chien
La première scène du film montre l'invasion de Tchetniks (miliciens particulièrement violents) dans un village et la tuerie qui en résulte. Deux jeunes garçons, Adis et Kerim, y perdent leur famille mais échappent aux tueurs. Ils s'enfuient en direction de Sarajevo et se réfugient dans l'appartement de Hamza, poète de la ville qui noie son chagrin dans l'alcool depuis que sa femme et sa fille sont parties se réfugier à l'étranger. Une relation amicale, voire familiale, se noue alors entre les deux enfants et le poète. Hamza décide de les aider à fuir la ville et gagner la "zone libre", à l'Ouest, où se trouve leur tante. Bientôt, un quatrième personnage viendra rejoindre le trio : un chien de berger blessé par un tir de sniper et pour lequel les deux enfants se sont pris d'amitié et de tendresse.
Sarajevo assiégée
La quasi totalité du film se déroule dans Sarajevo assiégée. Ceux qui ont connu Sarajevo pendant la guerre pourront témoigner à quel point la ville dévastée et désolée a été fidèlement reproduite dans le film, sans exagération et sans fioritures. Dès le départ on plonge dans cette atmosphère inquiétante et angoissante, de colonnes de fumées d'incendies et d'immeubles dévastés, d'enfants errant dans les rues et de chiens perdus, de tirs de snipers sur les passants terrorisés, des sifflements d'obus qui n'en finissent plus et des milliers de carcasses de voiture et de tramway.
Le film ne dresse pas seulement un portrait de la ville : ce sont aussi les différents personnages qui illustrent toute l'ambiance qui régnait alors. Entre ceux qui soûlent leur désespoir dans la slivovica (quand ils parviennent à s'en procurer) et ceux qui tentent de conserver un semblant d'optimisme et de bonheur. Sans oublier cet homme qui apparaît à quelques reprises dans le film, sans jamais dire un mot, dont le visage se creuse et se ternit au fil du temps et dont on sent, à son regard, que sa fin est proche...
Entre hallucinations et poésie
Hamza le poète a une obsession : il est persuadé qu'il finira sa vie pendu au bout d'une corde. Cette idée le hante au point qu'il en a parfois des hallucinations, qui bien souvent lui font apparaître sa femme et sa fille qui ont pourtant quitté la ville. A ces hallucinations se mêlent des poésies, prononcées en toile de fond. Tous les poèmes sont extraits de l'oeuvre d'Abdulah Sidran, l'un des plus grands poètes/artistes contemporains de Bosnie-Herzégovine. Abdulah Sidran a d'ailleurs co-écrit le scénario avec Ademir Kenović.
Bande annonce et images
Ci-dessous : la bande annonce du film en bosnien avec sous-titres en français. Notez cependant que le film est disponible en plusieurs langues, notamment en français. Après la bande annonce : quelques images tirées du film.
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Commentaires
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J'ai eu l'occasion de voir ce film à Sarajevo la semaine dernière. Il est très beau, très émouvant. Mélange de poésie et de réalité, il est un témoignage de ce qu'il s'est passé.
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bosko Le mercredi 26 septembre 2012 à 17:10.
j'ai vu ce film à sortie en France en 98. J'ai été bouleversé et pleuré à chaudes larmes ...J'étais inconsolable après la séance! Je ne suis toujours allé à Sarajévo mais je compte bien découvrir cette ville.
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Marie ROBERT Le jeudi 14 mars 2013 à 10:24.
Bonjour,
Je ne sais pas qui vous êtes, Dzana. Mais si je vous écris aujourd'hui, c'est parce qu'hier j'ai reçu un appel téléphonique qui ne cesse de me surprendre. Alors que je vis au pied du Mont-Blanc, dans une quasi retraite d'écrivaine photographe, loin des bruits, des conflits de personnes et de cultures, un homme m'a appelée pour me rappeler à mes souvenirs! Il m'a dit " Vous m'avez rencontré en Mai 1997 à Cannes, au Festival " J'ai eu beau creuser dans mes souvenirs, je ne voyais pas le lien entre lui et moi. Il a ajouté " Vous cherchiez une invitation pour assister à la projection d'un film à la quinzaine des réalisateurs, vous vouliez absolument voir ce film, et je vous ai à votre grand étonnement donné cette invitation." Cette année-là, j'avais encore dans mon coeur mon histoire artistique avec la Bosnie et Sarajevo, une histoire qui a commencé en 1993 à Paris avec mon livre spectacle "l'urgence d'aimer", s'est poursuivie ensuite en 1994 dans les camps de réfugiés à Zagreb, puis au festival international de Sarajevo en 1995. Je suis venue danser pour les gens de Sarajevo, deux de mes oeuvres pour la scène, "l'urgence d'aimer" et "Baraketempo". Un duo de femmes, ma fille Isabelle et moi, Marie Robert, au Kamerni Théatre et au Pozoriste Mladih. Puis j'ai commencé un travail d'atelier chorégraphique avec les jeunes danseurs du Théâtre National, à la demande de Sanja Hasagic, jeune adolescente passionnée de danse qui s'était plantée devant moi en me disant "Marie, je veux danser comme vous et votre fille. Apprenez-moi." Je suis restée à Sarajevo jusque mi mars 1995 pour répondre à cette attente, créant un atelier de danse contemporaine à l'Académie des Beaux-Arts dans la coupole. J'ai promis de revenir pour terminer cet atelier et présenter avec mes élèves un spectacle pour Sarajevo. Je l'ai fait et en décembre, avec un groupe d'adolescents, et de jeunes de 8 à 10 ans, nous avons présenté ensemble notre création "Pour le sourire des enfants" au Mladih Pozoriste. Ma fille Isabelle a dansé son Baraketempo, j'ai chanté mon poème "que puis-je faire quand la guerre est votre loi, que dois-je faire quand la paix est ma loi" accompagnée par deux guitaristes de Sarajevo. Hier donc, un homme m'a rappelé que j'avais assisté en mai 1997 au film d'Adémir Kenovic, grâce à l'invitation qu'il m'avait offerte. Quel bouleversement intérieur 16 ans après! Je me suis alors souvenue de cette période de ma vie, de cet épisode cannois. Le film avait reçu le Prix François Chalais et c'était la soirée officielle. À l'entrée, j'ai présenté l'invitation, disant combien j'étais émue de découvrir l'oeuvre de ce cinéaste, et j'ai dit que j'avais un lien de coeur avec les gens de Sarajevo et la Bosnie, grâce à mon parcours de femme engagée par l'art pour la paix, mon parcours qui s'est réalisé dans Sarajevo avec les gens de Sarajevo. On m'a mise au premier rang réservé aux invités honorés, sans que je demande rien. J'ai retrouvé l'un des acteurs que j'avais rencontré à Sarajevo, un jeune homme. Il se souvenait de moi, m'a présentée à Adémir Kenovic, j'ai été invitée ensuite à partager la fête qui suivait. Adémir lui-même m'a pris le bras et accompagnée pour que je passe le contrôle parce que je n'avais pas l'invitation pour la fête. Que vous dire sur le film, sinon que j'ai été bouleversée au plus profond du coeur par ce film si vrai, si juste, si profond. Mes larmes ne cessaient de couler. Je replongeais dans le drame que j'avais vu en tant qu'artiste emplie de compassion et d'espérance, dont j'avais été témoin avec tout ce que les gens m'avaient dit de leur survie. Je suis moi-même poète. Je crois aux rêves que l'on réalise! Je crois à la construction de la paix. écrivez-moi j'aimerais avoir de nouveau des contacts avec Sarajevo. Merci de votre réponse par mail |
aline
Le lundi 22 août 2011 à 16:10.