Auteur : Dzana
Publié le vendredi 07 janvier 2011.
Rubrique : Art et culture.
Mots clés: Films.
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Le cercle parfait, un film d'Ademir Kenovic
Le Cercle parfait est un film franco-bosniaque réalisé en 1997 par Ademir Kenović. L'histoire se déroule pendant la guerre de 1992-1995 et met en scène deux enfants qui, après avoir échappé à un massacre dans leur village, trouvent refuge dans l'appartement d'un poète de Sarajevo. Une relation se tisse entre les deux enfants et l'homme, qui décide de les aider à fuir la ville et retrouver leur tante. Ce film, qui est une reproduction très fidèle de la réalité du siège de Sarajevo, a reçu plusieurs récompenses dans le monde entier, et notamment le Prix François Chalais au festival de Cannes 1997.
Un poète, deux enfants et un chien
La première scène du film montre l'invasion de Tchetniks (miliciens particulièrement violents) dans un village et la tuerie qui en résulte. Deux jeunes garçons, Adis et Kerim, y perdent leur famille mais échappent aux tueurs. Ils s'enfuient en direction de Sarajevo et se réfugient dans l'appartement de Hamza, poète de la ville qui noie son chagrin dans l'alcool depuis que sa femme et sa fille sont parties se réfugier à l'étranger. Une relation amicale, voire familiale, se noue alors entre les deux enfants et le poète. Hamza décide de les aider à fuir la ville et gagner la "zone libre", à l'Ouest, où se trouve leur tante. Bientôt, un quatrième personnage viendra rejoindre le trio : un chien de berger blessé par un tir de sniper et pour lequel les deux enfants se sont pris d'amitié et de tendresse.
Sarajevo assiégée
La quasi totalité du film se déroule dans Sarajevo assiégée. Ceux qui ont connu Sarajevo pendant la guerre pourront témoigner à quel point la ville dévastée et désolée a été fidèlement reproduite dans le film, sans exagération et sans fioritures. Dès le départ on plonge dans cette atmosphère inquiétante et angoissante, de colonnes de fumées d'incendies et d'immeubles dévastés, d'enfants errant dans les rues et de chiens perdus, de tirs de snipers sur les passants terrorisés, des sifflements d'obus qui n'en finissent plus et des milliers de carcasses de voiture et de tramway.
Le film ne dresse pas seulement un portrait de la ville : ce sont aussi les différents personnages qui illustrent toute l'ambiance qui régnait alors. Entre ceux qui soûlent leur désespoir dans la slivovica (quand ils parviennent à s'en procurer) et ceux qui tentent de conserver un semblant d'optimisme et de bonheur. Sans oublier cet homme qui apparaît à quelques reprises dans le film, sans jamais dire un mot, dont le visage se creuse et se ternit au fil du temps et dont on sent, à son regard, que sa fin est proche...
Entre hallucinations et poésie
Hamza le poète a une obsession : il est persuadé qu'il finira sa vie pendu au bout d'une corde. Cette idée le hante au point qu'il en a parfois des hallucinations, qui bien souvent lui font apparaître sa femme et sa fille qui ont pourtant quitté la ville. A ces hallucinations se mêlent des poésies, prononcées en toile de fond. Tous les poèmes sont extraits de l'oeuvre d'Abdulah Sidran, l'un des plus grands poètes/artistes contemporains de Bosnie-Herzégovine. Abdulah Sidran a d'ailleurs co-écrit le scénario avec Ademir Kenović.
Bande annonce et images
Ci-dessous : la bande annonce du film en bosnien avec sous-titres en français. Notez cependant que le film est disponible en plusieurs langues, notamment en français. Après la bande annonce : quelques images tirées du film.
Adis(Almedin Leleta), Hamza(Mustafa Nadarević) et Kerim(Almir Podgorica)
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Commentaires :









Le lundi 22 août 2011 à 18:10 par aline
J'ai eu l'occasion de voir ce film à Sarajevo la semaine dernière. Il est très beau, très émouvant. Mélange de poésie et de réalité, il est un témoignage de ce qu'il s'est passé.